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Avant de signer un bail commercial
GESTION D’ENTREPRISE

Le Bail Commercial : une affaire de taille

Souvent entouré de fausses croyances ou de confusions qui sont comprises parfois trop tard, le bail commercial est un élément stratégique qui peut être à la base de la croissance ou de la stagnation d’une compagnie. Un entrepreneur bien informé ne prendra jamais à la légère les décisions ni les actions qui mènent à la location d’un local commercial, puisque celui-ci devrait toujours correspondre, dans la mesure du possible, aux objectifs et aux besoins de l’entreprise.

En vue de notre séance Lunch & Learn sur le Bail Commercial demain, nous nous sommes entretenus avec Marie-Pier d’Auteuil, avocate et fondatrice de Les barniques juridiques, une entreprise offrant des formations accessibles et concrètes qui répondent aux besoins juridiques des entreprises québécoises.

Étant elle-même une entrepreneure spécialisée en droit des affaires à la tête de son propre cabinet d’avocats pendant des années, elle a décidé de convertir son expertise en vraie passion. Marie-Pier a passé de l’accompagnement des dirigeants des petites et moyennes entreprises au partage de ses connaissances à travers la formation des entrepreneurs.

Voici donc ses réponses à nos questions dont plusieurs seront approfondies et expliquées en détail aux entrepreneurs de la Montérégie pendant notre formation gratuite ce 30 novembre 2023 :

Qu’est-ce qu’un bail commercial depuis le point de vue légal ?

Un bail commercial, c’est un contrat de location pour un local commercial. C’est un contrat entre deux entreprises ou du moins entre le propriétaire et une entreprise.

Quelle est la loi qui régule les baux commerciaux au Québec ?

La loi de base commune à tous les baux commerciaux à travers la province, c’est le Code civil du Québec. Il y a néanmoins d’autres lois particulières qui peuvent venir s’appliquer selon le cas. Entre autres, une entreprise qui souhaite louer un local devrait se poser des questions par rapport au zonage. Là, ce sont les règlements municipaux, propres à la ville où la compagnie veut s’installer, qui vont être essentiels à garder en tête.

Pourquoi est-il important d’avoir un bail commercial ?

Malgré le fait que le bail commercial n’a pas à être écrit, c’est-à-dire qu’on peut conclure un bail verbalement, c’est mille fois mieux d’en avoir un parce que ça clarifie la relation. Ainsi, en cas de conflit, si l’on a des problèmes juridiques concernant la preuve, cela va être plus facile avec le bail écrit qui laisse une trace.

Et, à mon avis, cela démontre qu’il s’agit d’une transaction plus sérieuse : si je suis un entrepreneur qui souhaite louer un local et qu’on ne me présente pas d’écrit, soit un contrat en bonne et due forme, cela peut parfois démontrer un manque de professionnalisme de la part du locateur et nous aiguiller sur le type de relation qui s’en suivra. Même si la loi prévoit que cela peut être verbal et que, par conséquent, le propriétaire n’est pas en faute, avoir au minimum un contrat par écrit fait partie de bonnes pratiques.

Cependant, si après coup, on modifie des choses verbalement ou qu’on s’entend sur d’autres questions et qu’il n’y a pas de courriel ni des traces écrites ni de témoins ni de personne qui est au courant… c’est là que s’il advient un problème, c’est la parole d’un contre l’autre.

Quels seraient les aspects à vérifier avant de signer un bail ?

Les aspects les plus déterminants à examiner seraient…

      • L’identification du locateur ;
      • Les activités permises ;
      • Le prix ;
      • L’entretien, les réparations et les améliorations locatives ;
      • La durée ;
      • La responsabilité personnelle ;
      • Les façons de mettre fin au bail.
Est-ce que cela serait toujours pertinent de faire vérifier le bail commercial par son avocat avant de signer ?

Oui, absolument. Le bail gagnerait à être vérifié par un conseiller juridique, qui peut être un avocat ou un notaire puisque les deux ont l’expertise et le droit d’offrir des conseils juridiques. Cela peut être très bien l’un ou l’autre à ce stade-ci (avant la signature). L’important est de choisir un professionnel qui exerce dans le droit des affaires ou qui a des connaissances là-dedans et c’est sûr qu’avant de signer, c’est le meilleur moment.

Connais-tu des cas où la signature d’un bail commercial ou la location d’un local commercial a mal tourné ?

Oui, j’en ai plein ! Il y a par exemple le cas d’un professionnel qui a loué un local commercial par l’intermédiaire d’un courtier immobilier et qui l’a par la suite complètement rénové en investissant beaucoup d’argent pour l’aménager. Quelques mois plus tard, la ville l’a poursuivi parce qu’il n’avait pas le droit d’établir son bureau à cet endroit-là.

Cette personne ne se trouvait pas alors dans le bon zonage. Un aspect que l’entrepreneur devrait toujours vérifier vu que le propriétaire va souvent décharger la responsabilité sur le locataire (il pourrait rassurer le locataire en disant que c’est correct, même si ce n’est pas nécessairement le cas).

Ici, on avait également un courtier immobilier qui connaissait en principe comment cela fonctionnait, mais ça n’a pas fait une différence. Finalement, le locataire a dû se relocaliser… retrouver une autre place, refaire les rénovations et repartir à zéro. Beaucoup de temps et d’argent perdus en raison de quelque chose qui est vraiment de base.    

À part le zonage, y a-t-il d’autres règlements à considérer selon la ville où l’on veut s’implanter ?

Oui, cela dépend du secteur. J’ai eu, par exemple, un client qui dirigeait une compagnie de transport offrant un service d’entreposage à leurs clients, ainsi que le transport des matières dangereuses. Là, on tombe dans des lois très spécifiques à ces matières-là.

C’est du cas par cas, car le type d’opération, l’industrie et la ville exercent une influence sur les lois et les règlements à vérifier ou pas. Il faut aussi tenir compte des règles municipales, provinciales et fédérales.

Quelles sont les principales erreurs commises par des entrepreneurs lors de la signature d’un bail commercial ?
      • Surprenant, mais très courant : ils ne lisent pas ! On ne le dira pas assez : on ne signe pas un document qu’on comprend à moitié ou qu’on n’a pas lu. L’incompréhension de ce que les gens lisent est aussi avec fréquence à la source des erreurs.
      • Ils agissent en suivant de fausses croyances qu’on entend régulièrement, par exemple : « J’ai juste à donner un préavis de trois mois et je vais pouvoir mettre fin au bail commercial ». La majorité des clients que j’ai eus avaient cette croyance, des idées erronées dont l’origine est un manque de clarté par rapport au bail de logement (résidentiel). En réalité, le bail commercial est beaucoup plus souple, ce qui fait que le locataire soit moins bien protégé qu’en matière de logement. Puisqu’on considère que ce sont deux entreprises qui font affaire ensemble d’égal à égal, il y a beaucoup de liberté contractuelle entre eux.
      • Ils font trop confiance : lorsqu’un entrepreneur qui loue un local commercial par la première fois fait face à un propriétaire expérimenté qui maitrise l’immobilier et les lois, son manque de connaissances va souvent le mener à se laisser guider par le propriétaire, qui va faire fréquemment ce qui lui convient selon ses intérêts. Et c’est là qu’il devient pertinent d’être bien accompagné par un conseiller juridique qui va attirer ton attention vers les aspects qui devraient être négociés.

 

Prenons le cas de l’une de mes clientes qui avait une clause de résiliation qui disait qu’elle pouvait mettre fin au bail avec un avis de quelques mois, et le propriétaire aussi. Elle était contente de ça… et je lui ai demandé : « As-tu réalisé que tu vas investir des milliers de dollars dans ton local et que ton propriétaire peut t’envoyer un préavis de trois mois et te dire, là, c’est fini, tu t’en vas ? »

Y a-t-il des variables externes qu’on devrait vérifier avant de signer un bail ?

Oui, il y en a certainement plusieurs. Mais, dans le contexte actuel, il est important de mentionner qu’il y a beaucoup de fraudes, comme des gens qui vont afficher un local (souvent beau, bien situé et pas cher) sur des sites de petites annonces. Or, le local n’existe pas ou ils n’en sont pas les propriétaires. Ce sont des arnaques où l’on demande un dépôt pour les premiers mois de location ou même un paiement pour visiter et voir le local en raison de « la haute demande ». Ensuite, cette personne disparait et il est impossible de se faire rembourser.

Au minimum, il est important de vérifier si le local existe réellement et si la personne avec qui l’on traite est vraiment la personne autorisée. En faisant attention aux signes d’alarme qui s’accumulent et qui sont d’ailleurs très éloquents, on pourrait s’éviter des troubles : Quelqu’un qu’on ne rencontre jamais face à face, c’est super compliqué de l’appeler, c’est tout le temps lui qui vient vers moi et des annonces affichées seulement sur certains sites. Et malgré toutes les vérifications, à la fin de la journée, on peut se faire avoir quand même.

Est-il possible de mettre fin à un bail commercial avant sa date d’échéance ?

D’abord, il faut s’assurer que le locateur autorise la cession ou la sous-location du bail. Autrement dit, si en cours de chemin ça ne fait plus mon affaire, il faut garder la possibilité de transférer le bail à quelqu’un d’autre. Dans le bail commercial, ce n’est pas automatique comme dans le bail résidentiel. C’est même possible que ça soit interdit ou qu’il ait des conditions.

Il est aussi essentiel de s’assurer d’avoir des mécanismes de sortie comme une clause qui dit qu’on peut mettre fin à son bail avec un préavis de « X » temps.

En bref, en matière de bail commercial tout est négociable. C’est pourquoi il n’y a jamais un contrat de location pareil et qu’il peut en exister un d’une page et un autre de 70. Cela dépendra de différents facteurs : le type de propriétaires (si c’est des gros, ils vont être souvent plus rigoureux là-dessus), le secteur d’activité, etc. Et il ne faut pas nécessairement craindre les contrats longs. Certains sont bien faits et compréhensibles, tandis que de courts contrats peuvent s’avérer confus et mal faits.

Le bail commercial est en conclusion un élément à ne pas négliger

S’il est cohérent avec votre plan d’affaires, le bail commercial peut contribuer à l’atteinte des objectifs stratégiques de votre compagnie. À condition qu’on ne laisse rien au hasard quand il s’agit d’une location comportant, entre autres, une grande surface, des améliorations locatives, des travaux majeurs ou de la machinerie, soit des investissements coûteux ou des risques accrus.

Si on loue, en revanche, un bureau tout inclus (chauffé et éclairé) et l’on y travaille avec un ordinateur portatif par exemple, c’est beaucoup plus simple. Cependant, même si les enjeux sont moins importants, il est dans l’intérêt de l’entrepreneur de s’en informer adéquatement.

Formation Bail Commercial : Quoi savoir avant de s’engager

En plus des sujets mentionnés ci-dessus qui seront expliqués plus amplement, ne ratez pas les points suivants qui seront décortiqués par notre experte invitée Me Marie-Pier d’Auteuil lors de notre formation demain sur le bail commercial :

  • Les différences entre le bail commercial et le bail de logement ;
  • Les catégories de baux commerciaux : brut, net, double net, triple net ;
  • Le processus contractuel : étapes avant de conclure le contrat final et documents à signer
  • Distinction entre la lettre d’intention, l’offre ou la promesse de location, et le bail.

Nous vous invitons à vous inscrire ici si ce n’est pas déjà fait.

Entrepreneuriat inclusif
ENTREPRENEURIAT

L’entrepreneuriat inclusif : on ne peut plus s’en passer !

Dans un monde qui est, heureusement, de plus en plus sensible aux causes de l’égalité et de la responsabilité sociale, l’inclusion et la diversité sont à la base d’une société plus juste. Et l’entrepreneuriat inclusif en fait partie importante ! Au FEMontérégie, nous travaillons chaque jour pour offrir des opportunités égales à tous les citoyens de notre région désireux d’entreprendre, mais qui rencontrent des obstacles tout au long de leur parcours puisqu’ils se retrouvent en situation de vulnérabilité.

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat inclusif ?

Afin de mieux comprendre ce qu’est l’entrepreneuriat inclusif, prenons ses 4 attributs principaux, définis par Le Groupe des sept (G7), dont fait partie le Canada, lors de son sommet en 2021 :

  1. Engagement intentionnel de la base de la pyramide (BOP[1]), soit l’implication des populations à faible revenu ;
  2. Recherche de viabilité financière, c’est-à-dire que l’entreprise inclusive vise à être profitable et compétitive ;
  3. Développement de l’activité, dans le sens d’opportunités saisies par les entreprises inclusives ;
  4. Impact sur le BOP géré et mesuré afin de maximiser les résultats positifs et corriger les négatifs.

Notons aussi que l’entrepreneuriat inclusif est à ne pas confondre avec l’entrepreneuriat social : « le commerce inclusif mise sur un équilibre entre les objectifs sociaux et la rentabilité économique. Alors que l’entrepreneuriat social vise principalement le développement des biens et services à destination directe des populations à revenus faibles. Ainsi, même si l’entrepreneuriat inclusif cherche à promouvoir son modèle grâce à une approche philanthropique, cela reste du business. La rentabilité économique et le profit des entreprises demeurent les objectifs premiers[2] ».

L’entrepreneuriat inclusif correspond donc à un modèle actif où les communautés vulnérables ou marginalisées sont autonomisées pour que les individus qui en font partie deviennent créateurs de leur propre avenir.

Inclure qui dans l’entrepreneuriat ?

Puisque l’entrepreneuriat inclusif est né comme réponse aux inégalités, il n’est pas surprenant que :

        • Les immigrants ;
        • Les femmes ;
        • Les mères monoparentales ;
        • Les membres des minorités visibles ;
        • Les membres de la communauté LGBTQ+ ;
        • Les personnes handicapées ou en situation de handicap ; et même
        • Le neuroatypiques…

… en bénéficient. De ce fait, ils auraient davantage d’accès à des opportunités leur permettant de produire des revenus suffisants et à long terme.

L’entrepreneuriat devient ainsi une activité productive dont les conditions de travail peuvent être adaptées par l’entrepreneur selon ses préférences, ses différences ou ses particularités (horaires, style de travail, difficultés d’intégration, p. ex.), lesquelles ne seraient peut-être pas acceptées ailleurs (en tant qu’employé), même si la pénurie de main-d’œuvre a changé la donne et que de plus en plus des dirigeants sont prêts à s’accommoder aux besoins des travailleurs.

L’enjeu de l’inclusion au Québec

Province diverse et multiculturelle, le Québec n’est pas étranger aux enjeux de l’inclusion. Ce n’est pas en vain qu’elle soutient le réseau de l’entrepreneuriat inclusif dont font partie, par exemple, MicroEntreprendre — dont nous sommes fiers membres —, Evol ou Entreprendre Ici.

Conscient de l’importance des petites entreprises, constituant presque 98 % de l’économie provinciale, ainsi que du potentiel des communautés qui se trouvent sous-représentées dans le monde de l’entrepreneuriat, le gouvernement québécois investit des millions, par l’entremise d’Investissement Québec, afin de réduire les exclusions socioéconomiques et de donner des chances égales à tous et à toutes de réussir.

Des objectifs primordiaux que notre société est, néanmoins, loin d’atteindre : « Malgré les efforts des organisations, les seuils de représentation des minorités sont encore faibles aujourd’hui. [Par exemple], les femmes représentent 16 % des entrepreneures au Québec et les immigrants seulement 4 % », a affirmé Tania Saba, fondatrice de la chaire BMO en diversité et gouvernance à l’Université de Montréal, en mars 2022, lors de la conférence Entrepreneuriat inclusif et diversité, organisée par le Centre d’Entrepreneuriat de la même université.

Dans le contexte mondial, des initiatives comme Business for Inclusive Growth—B4IG —, créée en 2019 par le G7, continuent à contribuer à la promotion d’un modèle commercial inclusif et cohérent avec les valeurs de développement durable. Grâce à sa structure, B4IG met la responsabilité des pratiques inclusives dans les mains des gouvernements et des grandes entreprises s’étant taillé une place privilégiée dans le marché international.

Le Fonds d’Emprunt Montérégie : moteur de l’entrepreneuriat inclusif local

Au Québec, l’accès au financement est indéniablement l’un des barrières les plus courantes auxquelles font face les membres des groupes sous-représentés dans le monde de l’entrepreneuriat. Pour en être convaincus, on n’a qu’à revisiter les déclarations des panélistes de la conférence Entrepreneuriat inclusif et diversité, mentionnée précédemment :

Dans les mots de Fabrice Vil, fondateur de Pour 3 points et créateur du documentaire Briser le code, « l’accès au capital et au financement ainsi que l’accès à différents réseaux pour développer leurs projets sont des obstacles majeurs de la création d’entreprises. C’est un réel défi de soutenir des entrepreneurs issus de certains groupes, c’est le cas notamment de l’inclusion dans l’entrepreneuriat noir ».

Pour sa part, Tania Saba a dit que « Le financement est capital et reste difficile pour des minorités qui vont souvent puiser dans leur épargne personnelle pour démarrer leur projet. Le soutien et l’accompagnement ainsi que le renforcement des compétences est la suite nécessaire. […] En général, ils vont intégrer les incubateurs quand ils ont les fonds et que le projet est bien amorcé. Enfin, le réseau va aider à décrocher les premiers contrats. En définitive, ces entrepreneurs vivent des difficultés à chaque étape du processus ».

Et c’est dans cette foulée que les organismes de microcrédit entrepreneurial comme le nôtre, qui se trouvent répartis sur tout le territoire de la province, ont sa place. Nous épaulons ainsi les personnes exclues du système de crédit traditionnel, telles que les 50 ans et plus et celles issues de l’immigration. L’un des atouts les plus importants du soutien offert par ces organismes est qu’il ne vient pas seulement sous forme d’aide financière, il est aussi apporté sous forme d’accompagnement de proximité, de formations et d’appartenance à un réseau, ce qui facilite aux entrepreneurs de sortir de l’isolement.

L’avenir de l’entrepreneuriat inclusif

La construction d’un tissu entrepreneurial inclusif et équitable est ainsi un enjeu complexe aux variables multiples qui mérite d’être réfléchi. Finissons donc avec une pensée sur laquelle il vaut la peine de s’y attarder, tirée de la conférence Entrepreneuriat inclusif et diversité :

« Les solutions pour favoriser l’accès à l’entrepreneuriat devraient être simples. Le fait de reconnaître que des biais sont inclus dans les systèmes est nécessaire. Ils doivent évoluer pour répondre aux besoins des entreprises. De nombreux soutiens sont offerts aux entrepreneurs aujourd’hui, ils ne savent pas toujours où donner de la tête, rapprocher les éléments de l’écosystème va permettre un cheminement plus aisé. »

[1] Selon la théorie de Stuart Hart dans « The fortune at the bottom of the pyramid » et cité par carenews.com dans son article « L’entrepreneuriat inclusif, qu’est-ce que c’est ? », publié le 10 mars 2022 et consulté en octobre 2023.

[2] https://www.carenews.com/tpsf-travaux-publics-sans-frontieres/news/l-entrepreneuriat-inclusif-qu-est-ce-que-c-est, consulté en octobre 2023.

 

Intelligence artificielle dans la PME
ENTREPRENEURIAT

L’intelligence artificielle, alliée de votre petite entreprise ?

L’intelligence artificielle, vedette, depuis plusieurs décennies, des films de science-fiction, est désormais une réalité tangible capable d’éveiller la curiosité, ainsi que de susciter de l’inquiétude ! Seulement au printemps dernier, un groupe d’experts du secteur de l’IA, dont Elon Musk et Yoshua Bengio, a demandé à travers une lettre ouverte une pause de six mois dans le développement des systèmes d’IA avancés (plus puissants que GPT-4). Le but étant de se donner un répit afin d’établir des protocoles communs de sécurité pour assurer que leurs effets sont positifs et leurs risques gérables.

Face à un outil qui s’intègre quasi « naturellement » dans la vie quotidienne des individus et des familles, et que 83 % de 3 000 entrepreneurs consultés en 2017[1] considéraient déjà comme un facteur « qui leur permettrait d’obtenir ou de conserver un avantage concurrentiel », notre organisme, le FEMontérégie, a décidé de s’interroger sur l’intelligence artificielle et sa pertinence aujourd’hui dans la croissance des petites entreprises.

Qu’est-ce que c’est l’IA ?

L’intelligence artificielle (IA) est un domaine de l’informatique qui développe des programmes et des systèmes imitant certaines des capacités cognitives et intellectuelles des êtres humains, telles que la résolution de problèmes, l’apprentissage, la prise de décisions et la compréhension du langage naturel.

Quels sont les types d’IA ?

Il existe 3 principaux types d’IA, caractérisés, surtout, par leur capacité à reproduire les traits particuliers de l’intelligence humaine et la technologie utilisée pour y parvenir :

1. Intelligence artificielle étroite (ANI)

Aussi connue comme IA faible ou IA étroite, l’ANI est conçue pour exécuter une tâche spécifique et limitée au-delà de laquelle la compréhension est absente. Elle se spécialise alors dans une gamme étroite de paramètres ou de situations, par exemple :

        • Chatbots;
        • Des assistants virtuels comme Siri d’Apple ou Alexa d’Amazon ;
        • Les algorithmes d’analyse de données comme ceux utilisés par Google Search ;
        • Suggestions de contenu de divertissement basées sur le comportement de l’utilisateur ;
        • Voitures à conduite autonome.
2. L’intelligence artificielle générale (AGI)

Appelée également IA forte ou IA profonde, l’AGI se situerait à la hauteur des capacités humaines. Elle serait donc en mesure d’apprendre, de comprendre et de résoudre des problèmes de nature humaine de la même façon qu’une personne le ferait sur la base des connaissances générales.

Selon un article publié par L’actualité informatique, « les chercheurs et les scientifiques spécialisés dans l’IA n’ont pas encore atteint une IA forte. Pour y parvenir, ils devraient trouver un moyen de rendre les machines conscientes, en programmant un ensemble complet de capacités cognitives. […] L’IA [profonde] ne consiste pas à reproduire ou à simuler, mais à entrainer les machines à comprendre réellement les humains ».

Néanmoins, le fondateur et directeur scientifique du Mila — Institut québécois d’intelligence artificielle Yoshua Bengio considère qu’un délai aussi proche que 5 ans pourrait être suffisant « pour qu’un ordinateur atteigne le niveau de conscience d’un humain », expliquait-il dans son discours devant la sous-commission du Sénat américain sur la vie privée, la technologie et le droit en avril dernier[2].

3. La superintelligence artificielle(ASI)

Caractérisée par le surpassement de l’intelligence humaine, l’ASI n’est, heureusement, pas encore développée. C’est ce type d’IA qui a inspiré des scénarios à la base de films à succès comme 2001 : L’Odyssée de l’espace, Terminator et The Matrix, ou les plus récents Her et Ex Machina. Dans ces récits, les machines, au début si utiles, deviennent conscientes d’elles-mêmes et attaquent par la suite les hommes (créateurs ou utilisateurs) afin de « survivre » ou de dominer.

Bénéfices et utilisations de l’IA dans les petites entreprises

Tirer parti de l’intelligence artificielle (étroite) est, dorénavant, une question de compétitivité qui permet aux compagnies d’améliorer leur efficacité opérationnelle, d’optimiser les interactions avec leurs clients et de prendre des décisions plus éclairées. Voici quelques exemples illustrant comment l’IA pourrait être utilisée dans votre entreprise, quelle que soit sa taille :

      • Service client amélioré : les chatbots et les assistants virtuels alimentés par l’IA peuvent fournir un support client 24/7, répondre aux questions fréquentes et résoudre des problèmes courants. Les petites entreprises sont ainsi en mesure d’offrir un service client de qualité sans avoir pour autant une équipe dédiée.
      • Marketing ciblé : les petites entreprises peuvent utiliser l’IA pour analyser les données des clients et déceler les tendances et les préférences, ce qui favorise la création de campagnes marketing plus efficaces où les bons publics sont ciblés.
      • Automatisation des tâches administratives : des tâches de nature administrative comme la gestion des factures, la planification des rendez-vous et la gestion de l’approvisionnement peuvent être automatisées à l’aide de l’IA, ce qui permet aux dirigeants de se concentrer sur des tâches plus stratégiques.
      • Analyse des données : l’IA analyse de grandes quantités de données et en extrait des informations qui s’avèrent utiles pour prendre des décisions éclairées, que ce soit pour la personnalisation de l’expérience client (p. ex. : recommandations de produits ciblées en fonction des préférences), l’optimisation des stocks, la prévision des ventes ou le développement de produits.
      • Optimisation des opérations : optimiser les opérations commerciales, comme la gestion de la chaîne d’approvisionnement, la planification de la production et la logistique, serait possible grâce aux algorithmes d’IA.
      • Prévision de la demande : les entrepreneurs peuvent se servir de l’IA pour prévoir la demande de leurs produits ou services, ce qui aiderait à mieux gérer les niveaux de stock en évitant les pénuries ou les excédents.
      • Gestion des finances : certains outils d’IA aident à suivre les flux de trésorerie, à administrer les budgets et à remarquer les tendances financières, ce qui peut être déterminant pour maintenir la stabilité financière de la compagnie.

Malgré ses utilités multiples, l’adoption de l’IA nécessite une planification minutieuse et une compréhension des défis potentiels. Les petites entreprises doivent ainsi évaluer attentivement comment l’intelligence artificielle peut répondre à leurs besoins spécifiques, tout en intégrant ces technologies de manière réussie et progressive dans leur modèle d’affaires.

Défis et risques de l’IA pour les petites entreprises

Moteur de transformation dans le monde des affaires, l’intelligence artificielle entraine des défis et des risques inhérents, particulièrement pour les petites entreprises ou les très petites entreprises qui ne comptent peut-être pas avec les ressources nécessaires pour y faire face. En voici quelques-uns :

      • Coûts initiaux et investissement : l’intégration de l’IA nécessite souvent des investissements considérables en matière de ressources financières et humaines. Les petites entreprises pourraient être confrontées à des coûts élevés concernant l’acquisition de technologies, la formation du personnel et la gestion continue de ces systèmes.
      • Dépendance technologique : l’adoption de l’IA pourrait rendre les petites entreprises dépendantes de technologies complexes et en constante évolution. Elles pourraient rencontrer des problèmes opérationnels majeurs si elles ne parviennent pas à maintenir ou à mettre à jour ces systèmes.
      • Menaces pour la confidentialité des données : l’IA est bâtie sur l’analyse d’une quantité immense de données, ce qui pourrait poser des problèmes de confidentialité si des données sensibles des clients ou de l’entreprise sont compromises. Ayant probablement des ressources limitées pour mettre en place des mesures de sécurité adéquates, les petites entreprises seraient à risque.
      • Biais et éthique : les systèmes d’IA peuvent être biaisés en fonction des données sur lesquelles ils ont été entrainés. Des décisions discriminatoires ou des résultats inappropriés pourraient ainsi en découler. Il se peut que les petites entreprises manquent des ressources pour identifier et corriger ces biais.
      • Perte d’emplois : l’automatisation des tâches grâce à l’IA pourrait entrainer l’abolition ou la réduction de certains postes de travail, ce qui aurait un impact sur les employés existants. Les petites entreprises pourraient rencontrer des défis en termes de communication, de réaffectation du personnel, et, en conséquence, de la fidélisation du client interne.
      • Erreurs : malgré les avantages de l’IA et sa capacité à automatiser des tâches, elle n’est pas à l’abri d’erreurs. Les petites entreprises pourraient faire face à des ennuis juridiques et de responsabilité en cas de défaillance ou de dysfonctionnements de l’IA.
      • Manque de personnalisation : les solutions d’IA standardisées pourraient ne pas répondre aux besoins spécifiques des petites entreprises et de leur clientèle, ce qui affecterait, d’ailleurs, la relation client et vraisemblablement l’image de la compagnie.
Notre petit test ChatGPT

Nous avons demandé à ChatGPT de lire notre article et de nous faire une conclusion de 2 lignes, en voici le résultat :

« En somme, cet article met en évidence les avantages et défis de l’IA pour les petites entreprises. Il est à noter qu’une IA a contribué à sa révision, reflétant ainsi l’impact actuel de cette technologie. »

Notre conclusion… rédigée par des humains

Il est important de noter que l’IA ne remplace pas l’aspect humain dans la prestation d’un service ou dans la fabrication d’un produit. Bien que l’intelligence artificielle puisse réaliser une partie des tâches et accélérer divers processus, elle manque du discernement, de la sensibilité, de la créativité et de l’authenticité que seuls les humains peuvent apporter.

Et même si l’IA a été créé pour nous aider à avancer, nous avons tous (l’Humanité !) la responsabilité d’être des utilisateurs avertis et de surveiller son développement, puisque dans les mots de Yoshua Bengio l’adoption précipitée de l’IA profonde engendrerait des « menaces potentiellement importantes qui pèsent sur la démocratie, la sécurité nationale et notre avenir collectif[3] ».

Suivre de formations d’appoint pour mieux comprendre ce qu’implique l’adoption de l’IA serait une façon, à la portée de tous, de contrer ses risques et de profiter responsablement de ses atouts. Nous avons trouvé, par exemple, les formations gratuites offertes par la plateforme en ligne Uluumy, qui a pour but de rendre l’IA accessible à tous, particulièrement aux entreprises et aux OBNL. On y voit, par exemple, les cours : « Les bases de l’apprentissage automatique » et « Éthique, biais et responsabilité de l’apprentissage automatique et de l’IA ». Ou encore la formation payante d’une durée de 3 h « ChatGPT et Intelligence artificielle », proposée par La Fusée et qui aura lieu à Montréal le 31 août prochain.

Maintenant, à vous d’agir !

[1] Sondage réalisé par MIT Sloan Management Review et The Boston Consulting Group : https://sloanreview.mit.edu/projects/reshaping-business-with-artificial-intelligence/, consulté en août 2023.

[2] https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2023-07-25/selon-yoshua-bengio/des-ordinateurs-aussi-intelligents-que-des-humains-d-ici-20-ans.php, consulté en août 2023.  

[3] Ibid.

José et Cruzelith
VIE D’ENTREPRENEUR

En couple et en affaires : Pâtisserie & Boulangerie Cake Bakery Bro

Dans le monde de l’entrepreneuriat, il y a ceux qui sont des partenaires autant dans leur vie personnelle que dans leur vie professionnelle, soit des entrepreneurs qui font face au double défi de faire grandir leur compagnie et leur couple. Pour continuer avec ce sujet, nous nous sommes entretenus avec deux de nos entrepreneurs du Fonds d’Emprunt Montérégie. Ils illustrent la tendance en hausse des couples en affaires, qui se voit reflétée dans notre clientèle.

Rafael & Cruzelith: douceurs et soutien

José Rafel Sivira et Cruzelith Correa ont entrepris, en pleine pandémie, l’aventure de la création de leur compagnie. En couple depuis de nombreuses années, ils n’ont peur de rien lorsqu’ils sont ensemble ! Pour eux, il n’y a pas un meilleur moteur pour avancer que le soutien mutuel qu’ils s’apportent.

Originaires du Vénézuéla, ils exerçaient comme dentistes dans leur propre cabinet professionnel avant d’immigrer au Québec. Dans leur terre d’accueil, ils ont décidé de suivre la passion de Rafael, qui possédait déjà des études comme chef boulanger-pâtissier, en cofondant Cake Bakery Bro, située à Saint-Hubert.

Le couple a choisi ainsi de croire à ce nouveau projet, et d’y mettre à profit leur compatibilité pour travailler ensemble. Cruzelith a appris les rouages du métier de boulanger à côté de son mari et de son beau-frère, qui s’est joint à l’équipe rapidement, et aujourd’hui, elle agit comme cheffe de production au sein de l’entreprise familiale. À son rôle de créateur des délices à saveur latino-américaine, Rafael ajoute certaines tâches liées à la gestion et au marketing.

Une cuisine authentique, une clientèle diversifiée

Bâtonnets au fromage avec goyave, empanadas (au bœuf, au poulet ou au fromage et au jambon), gâteau 3 leches (laits)… ces produits faits avec des ingrédients québécois de qualité et avec une saveur 100 % latino ont su conquérir une clientèle diversifiée.

En plus des Latino-Américains, ce sont les communautés arabe, chinoise, haïtienne et, bien sûr, québécoise qui se sont laissé séduire par l’authenticité de la cuisine vénézuélienne et par les créations adaptées aux goûts d’ici, telles que les « tequeños » au chocolat ou les Teque-Poutine. Pour ce couple, la meilleure récompense est de voir l’expression des gens lorsqu’ils découvrent avec satisfaction les délices de leur terre natale et de les entendre dire « c’est vraiment bon ! ».

Présents dans plusieurs épiceries de Montréal et de la Rive-Sud, ils ont récemment lancé une gamme de produits congelés afin de permettre aux consommateurs de se délecter avec leurs créations artisanales de boulangerie dans le confort de leur maison.

Quand la difficulté est synonyme d’union

Malgré les défis propres à l’entrepreneuriat, Rafael et Cruzelith ont trouvé rassurante l’idée de prendre ce risque à deux, peu importe si cela signifiait de mettre tous les œufs dans le même panier. Le travail très actif du matin au soir et de lundi au samedi, caractéristique du domaine agroalimentaire, a eu certainement un impact dans la vie familiale. Pour le couple « réussir à avoir des horaires clairs a été le plus difficile », mais conscients de l’importance d’être là pour leur fille de 10 ans, ils s’obligent sans cesse à se fixer des limites pour que la vie professionnelle n’emporte pas la vie familiale.

Pour prendre soin de leur vie de couple, les dirigeants de Cake Bakery Bro ont organisé leurs horaires de sorte qu’ils puissent avoir, au moins une fois par semaine, un petit répit l’un de l’autre, question de laisser l’air entrer et d’avoir ensuite envie de revoir leur douce moitié.

Nous le savons tous, amour et complicité ne sont pas toujours suffisants. C’est pourquoi Rafael et Cruzelith y rajoutent la poursuite des objectifs communs, le bonheur de partager et l’humour pour alléger les nombreux défis du quotidien. Une recette qui a fait heureusement ses preuves pendant les périodes difficiles d’où ils sont sortis plus unis et fortifiés.

Sophia et Marc David N&C1
VIE D’ENTREPRENEUR

En couple et en affaires : Pâtisserie Noisette & Chocolat

Des amoureux et des partenaires d’affaires… Voilà le double rôle que de plus en plus de couples choisissent de jouer. Pour certains, il serait cependant inconcevable de passer toute la journée à travailler à côté de sa douce moitié, car ce temps « en trop » risquerait de l’aigrir. Mais pour ceux qui se décident à faire ce saut à deux, malgré les défis du quotidien qui mettent à l’épreuve la solidité de leur relation, les récompenses sont nombreuses.

Au FEMontérégie, nous soutenons de près plusieurs duos d’entrepreneurs : ils bénéficient non seulement du microcrédit entrepreneurial et d’aide financière supplémentaire, mais aussi des conseils opportuns de la part de nos conseillers. Nous avons discuté avec Sophia Najem & Marc-David Jean de la pâtisserie Noisette & Chocolat sur leur vécu en tant que couple en affaires.

Une complémentarité gagnante

Marchant déjà main dans la main au début de la vingtaine et aujourd’hui parents d’une nouveau-née, Sophia et Marc-David sont toujours aussi amoureux l’un de l’autre. La confiance mutuelle et la connaissance profonde des défauts et des qualités de chacun les ont convaincus de construire leur compagnie ensemble. C’est ainsi que Noisette & Chocolat, reconnue par ses délicieux cupcakes et ses superbes gâteaux personnalisés, a ouvert ses portes en novembre 2021 à Longueuil.

La passion de Sophia pour la pâtisserie et l’esprit entrepreneurial de Marc-David sont à la base de ce partenariat dont le but est clair, « que le client soit content ! ». Ils investissent donc leurs acquis : elle, en tant que cheffe pâtissière, sa formation professionnelle en pâtisserie et une dizaine d’années d’expérience dans le domaine de la restauration, notamment comme décoratrice de gâteaux, superviseure et gérante ; lui, ses études en entrepreneuriat, sa polyvalence, et sa capacité à apprendre rapidement et à innover.

C’est Sophia, d’ailleurs, qui lui a appris le métier : « Pour moi, c’est un avantage de venir de deux milieux différents. Les idées de Marc me font réfléchir sur de nouvelles façons de créer et de développer des produits classiques », ajoute Sophia qui réussit, avec fréquence, à épater ses clients.

Réussir ensemble ou échouer ensemble

L’entraide, les objectifs communs, et, surtout, la capacité à s’adapter rapidement, voilà les clés du succès pour ce jeune couple dont la vie a complètement changé : « Quand on travaillait pour quelqu’un d’autre, on avait une vie, par exemple, vendredi après 17 h. L’entrepreneuriat n’est pas du tout la même chose, c’est notre propre business… il y a des gens qui attendent après toi, de l’argent et du temps investis. À la fin, tous les efforts sont pour Nous, pas pour elle ou pour moi individuellement, mais pour qu’on soit bien comme famille », commente Marc-David.

Et tous ces efforts ont des conséquences tangibles sur la vie de couple, « on a moins de temps ensemble, même si l’on se voit tout le temps. Nous cherchons l’équilibre, mais la balance, elle pèse souvent dans un bord… C’est un travail constant ».

Pour les cofondateurs de Noisette & Chocolat, la force de travailler en couple vient aussi d’une communication directe et honnête ; une ouverture qui permet d’éviter des blocages et de trouver de solutions de façon efficace.

Malgré les défis et les longues journées, ces partenaires de vie n’ont jamais regretté leur décision de se lancer en affaires à deux. Tout le contraire, compter sur leur douce moitié qui prend la relève lorsque l’autre est affaiblie est source de motivation et de persévérance.

Et les résultats, ils sont aussi tangibles… Vous n’avez qu’à visiter leur boutique. Prenez un moment pour vous assoir sur la terrasse, siroter un café et vous sucrer le bec !  

Femmes en affaires
ENTREPRENEURIAT

L’entrepreneuriat féminin : moteur économique et social d’envergure

De plus en plus important pour l’économie mondiale, l’entrepreneuriat mené par des femmes attire non seulement l’attention des spécialistes, mais également le soutien économique des gouvernements. Au Canada, la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat avec près de 7 milliards de dollars en investissements cherche à favoriser la participation pleine et égale des femmes à l’économie, et au Québec, 21,7 millions de dollars sont investis afin d’accompagner et de financer 15 000 femmes entrepreneures pendant une période de 5 ans.

Ce sont tous des efforts pour soutenir la femme entrepreneure, définie par la théoricienne Dina Lavoie, dans le cadre d’une étude sur l’entrepreneuriat féminin au Canada en 1988, comme : « la femme qui, seule ou avec un ou des partenaire(s), a fondé, acheté ou accepté en héritage une entreprise, qui assume tous les risques et responsabilités financières, administratives et sociales et qui participe quotidiennement à sa gestion courante[1] ». Des initiatives encore insuffisantes, puisque les hommes représentent aujourd’hui environ 2/3 des entrepreneurs dans le monde[2] !

 

L’entrepreneuriat des femmes en quelques chiffres

Selon les dernières données publiées par le Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE), 18 %[3] des entreprises du Canada appartiennent majoritairement à des femmes. Elles constituent ainsi une force économique qui contribue directement au développement social et durable, ainsi qu’à l’innovation canadienne.

Notons que ce chiffre doublerait si l’on comptait les compagnies dont le 50 % est détenu par une femme. Et selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) dans son rapport 2021/22 sur les femmes entrepreneures[4], celles-ci représentent un entrepreneur sur trois dans le monde proposant des innovations sur les marchés nationaux et internationaux.

D’ailleurs, cela n’inclut pas les travailleuses autonomes, dont le nombre va à nouveau en augmentation, malgré les conséquences négatives de la pandémie. Actuellement, ce sont presque un million de travailleuses autonomes au Canada[5]. Au Québec, 37 % de travailleurs autonomes en 2021 étaient des femmes[6].

« [Les travailleuses autonomes] sont des entrepreneures à part entière […] et ont un impact sociétal extrêmement important », déclare Christina Constantinidis, professeure à ESG-UQAM et fondatrice de l’Observatoire entrepreneuriat et genre. « Ces femmes sont d’ailleurs souvent surprises d’être considérées comme des entrepreneures : pourtant, même sans employés, celles-ci assument 100 % des risques financiers, créent leur activité et sont entièrement responsables de leur business.[7] »

 

Caractéristiques de l’entrepreneuriat féminin
  • Secteurs d’activité

Selon le (GEM), globalement les femmes[8] sont plus présentes dans le secteur du commerce de gros et de détail (presque 50 % des entrepreneures dans le monde) et dans le secteur de l’administration, de la santé, de l’éducation et des services sociaux (18,5 % des femmes contre 10,1 % des hommes), ce qui met en évidence des différences importantes entre les femmes et les hommes en entrepreneuriat, ainsi qu’un système qui « pousse » les femmes vers des domaines correspondant aux rôles traditionnellement féminins.

De son côté, au Canada, et selon des données récentes de Statistique Canada, les femmes entrepreneures sont plus nombreuses dans les secteurs des services professionnels, scientifiques et techniques ; du commerce de détail ; et des services d’hébergement et de restauration.

  • Qualités propres au leadership féminin

Beaucoup s’entendent pour dire que l’entrepreneuriat féminin bénéficie d’un leadership propre aux femmes, caractérisé par :

      • L’intuition ;
      • La capacité à gérer plusieurs projets à la fois (côté multitâche) ;
      • L’empathie et la communication ;
      • La coopération entre femmes (au Québec par exemple, le Réseau des Femmes d’affaires du Québec — RFAQ — soutient depuis 40 ans les femmes d’affaires d’ici grâce à l’entraide).

D’autres caractéristiques, même si elles ne sont pas considérées comme étant davantage féminines, sont très présentes dans leur style de direction et portent des fruits intéressants pour le développement sociétal et d’affaires au Canada. Par exemple, l’étude du GEM souligne leur propension à créer de nouvelles combinaisons de produits et de marchés et leur capacité d’innovation importante.

D’ailleurs, selon l’étude État des lieux de l’entrepreneuriat au féminin réalisée par le Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat (PCFE), les entreprises au leadership féminin se caractérisent pour offrir plus d’opportunités aux groupes en quête d’équité comme les autochtones et les membres de la communauté LGBTQ2S+, entre autres.

  • Motivations

Le désir de « faire une différence dans le monde[9] » est une motivation plus fréquente chez les femmes que chez les hommes (70,7 % contre 64,8 %) pour se lancer en affaires, que ce soient les Américaines, les Européennes ou les Canadiennes. De ce fait, le développement durable et l’entrepreneuriat à vocation sociale sont plus souvent placés avant le rendement financier et l’optimisation des bénéfices par les femmes en entrepreneuriat.

Selon le GEM, une motivation importante des entrepreneures est le bien-être familial, car il n’est pas rare que la majorité d’entre elles réinvestissent 90 % de leurs profits pour l’éducation, la santé et la nutrition de leur famille (contre 30 ou 40 % pour les hommes), ce qui contribue à la prospérité générale.

Entre autres, les femmes trouvent dans l’entrepreneuriat une source d’émancipation et d’autonomie, et une façon de mieux équilibrer travail et vie personnelle.

Des défis auxquels font face les femmes en entrepreneuriat

Défis internes 

D’après les données du GEM, on pourrait conclure que les femmes sont, en général, plus prudentes et exigeantes envers elles-mêmes que leurs homologues masculins puisque :

    • Elles demandent moins de financement que les hommes (investissement inférieur) ;
    • Elles sont plus enclines à croire ne pas avoir les compétences nécessaires pour démarrer une entreprise ;
    • D’ailleurs, elles sont aussi plus fréquemment touchées par le syndrome de l’imposteur.

Défis externes 

    • « Les études révèlent que les femmes rencontrent des obstacles et sont victimes de préjugés et de microagressions, voire de harcèlement, à chaque étape de leur parcours entrepreneurial[10] » ;
    • Elles ont moins d’accès au financement entrepreneurial, ce qui pourrait expliquer pourquoi le taux de survie des PME détenues majoritairement par des hommes est supérieur à celui des PME majoritairement détenues par des femmes.

 

La femme entrepreneure au sein du FEMontérégie

Notre organisme, le Fonds d’Emprunt Montérégie, est engagé avec le succès de femmes d’affaires de la Montérégie et les chiffres le démontrent : 70 % de notre clientèle est composée par des femmes ! La plupart sont mères et entrepreneures, certaines se sont lancées en affaires en solo ; d’autres détiennent 50 % de leur compagnie (souvent en couple).

En plus du financement et de l’accompagnement de proximité habituellement offerts, nous avons un nouveau fonds exclusif pour les femmes ! Il est possible grâce au soutien du gouvernement du Canada et au partenariat noué entre Evol, Entreprendre Ici et notre organisme.

Le Fonds de prêts pour les femmes en entrepreneuriat nous permet d’offrir jusqu’à 20 000 $ en forme de prêt pouvant aller jusqu’à 5 ans et un accompagnement de proximité de qualité, qui s’insère dans l’écosystème régional.

Finissons donc ce mois de mai en soulignant l’importance de l’entrepreneuriat féminin dans le développement social et économique de notre province. Si vous êtes une femme de la Montérégie qui désire se lancer en affaires et a besoin de soutien, contactez-nous sans tarder !

___________________

[1] CONSTANTINIDIS Christina, « Femmes entrepreneures », dans : Pierre-Marie Chauvin éd., Dictionnaire sociologique de l’entrepreneuriat. Paris, Presses de Sciences Po, « Références », 2014, p. 287-300. DOI : 10.3917/scpo.chauv.2015.01.0287. URL : https://www.cairn.info/dictionnaire-sociologique-de-l-entrepreneuriat–9782724616408-page-287.htm  

[2] LEBèGUE Typhaine, CONSTANTINIDIS Christina, « Chapitre 21. L’entrepreneuriat féminin », dans : Frank Janssen éd., Entreprendre. Une introduction à l’entrepreneuriat. Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, « Petites Entreprises & Entrepreneuriat », 2016, p. 395-415. DOI : 10.3917/dbu.janss.2016.01.0395. URL : https://www.cairn.info/entreprendre–9782804192426-page-395.htm

[3]  État des lieux de l’entrepreneuriat féminin au Canada, 2023, Aperçu de la recherche, p. 3. Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat https://wekh.ca/wp-content/uploads/2023/03/Etat-des-lieux-de-l-entrepreneuriat-feminin-au-Canada-2023-apercu-de-la-recherche.pdf   

[4] GEM 2021/22 Women’s Entrepreneurship Report: From Crisis to Opportunity, p. 15. https://www.gemconsortium.org/report/gem-202122-womens-entrepreneurship-report-from-crisis-to-opportunity  

[5] État des lieux de l’entrepreneuriat féminin au Canada, 2023, Aperçu de la recherche, p. 3. Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat https://wekh.ca/wp-content/uploads/2023/03/Etat-des-lieux-de-l-entrepreneuriat-feminin-au-Canada-2023-apercu-de-la-recherche.pdf

[6] https://www.ledevoir.com/societe/757714/entrepreneuriat-au-feminin-une-croissance-continue-des-defis-qui-demeurent

[7] Ibid.

[8] GEM 2021/22 Women’s Entrepreneurship Report: From Crisis to Opportunity, p. 15. https://www.gemconsortium.org/report/gem-202122-womens-entrepreneurship-report-from-crisis-to-opportunity  

[9] Ibid, page 111.   

[10] État des lieux de l’entrepreneuriat féminin au Canada, 2023, Aperçu de la recherche, p. 13. Portail de connaissances pour les femmes en entrepreneuriat https://wekh.ca/wp-content/uploads/2023/03/The-State-of-Womens-Entrepreneurship-in-Canada-2023-Research-Preview.pdf

Le microcrédit nourrit les entreprises
MICROCRÉDIT

Le microcrédit au Québec et dans le monde

Ce mois-ci nous changeons le ton habituel pour quelque chose de plus sérieux… De la main de Suzanne Tremblay, Marie Langevin et Marco Alberio, professeurs universitaires et auteurs[1], découvrons ensemble le parcours de la finance solidaire ici et ailleurs, ainsi que ses contributions historiques à la démocratie financière. Une façon de plus de souligner la Journée nationale du microcrédit entrepreneurial, qui a eu lieu le 11 mars dernier.

 

Origine de la microfinance moderne

C’est dans les années 70 que le microcrédit est apparu, d’un côté au Bangladesh, grâce au modèle de la Grameen Bank, développé par l’économiste Muhammad Yunus ; et d’un autre côté en Amérique latine, au sein du réseau ACCION, fondé en 1983 et réunissant des institutions de microfinancement.

 

Le but du microcrédit

La microfinance est donc née au sein des ONG engagées dans la lutte contre la pauvreté. Dans ce sens, autant en Asie qu’en Amérique latine, ces programmes cherchaient à accorder des prêts de faibles montants à des personnes exclues du système de crédit traditionnel.

 

Institutionnalisation de la microfinance

Deux acteurs majeurs ont contribué à l’institutionnalisation de la microfinance :

  • Les coopératives, dont la volonté et l’argent des membres ont servi à appuyer des projets de développement ;
  • Les institutions internationales, notamment la Banque mondiale, qui ont aidé à répandre la pratique de la microfinance dans les années 90, et ce dans le cadre des réformes néolibérales visant, entre autres, à pallier le surplus de main d’œuvre.

 

L’évolution du microcrédit : concept et application

Depuis ses débuts, le concept de microfinance a été lié à la lutte contre la pauvreté. Avec le temps, il est aussi devenu un outil d’autonomisation (empowerment) des populations défavorisées. D’ailleurs, dû à son succès initial, l’offre des services s’est élargie, ajoutant aux prêts d’autres services financiers : épargne, assurances et transfert des fonds. À noter qu’avant les années 90, on parlait plutôt de « services financiers décentralisés[2] ».

Depuis la fin des années 2000, on parle d’inclusion financière et de démocratie financière, des concepts qui s’insèrent dans une perspective de développement économique ET social, et qui comprennent non seulement l’accès au microfinancement, mais également à l’éducation et à l’information.

 

Le microcrédit gagne en visibilité

Deux évènements ont été essentiels à la reconnaissance internationale de la microfinance :

  • L’année 2005 a été déclarée par l’ONU comme l’Année internationale du microcrédit ;
  • « Le banquier des pauvres », Muhammad Yunus, a remporté le prix Nobel de la paix en 2006. L’un de ses grands apports a été d’améliorer la situation financière et sociale des femmes dans une société patriarcale comme l’Inde.

 

De la mission sociale à la rentabilité

Historiquement, il existe deux tendances en microfinance :

  • Le modèle global, dont la mission est sociale et qui adhère, alors à « un programme politique ». Cette tendance reconnaît « l’accès au crédit […] comme insuffisant pour sortir du cycle vicieux de la pauvreté et on adjoint aux microprêts une gamme d’initiatives complémentaires d’ordre social pour soutenir les emprunteurs et les emprunteuses (alphabétisation, formation professionnelle […], etc.[3] » ;
  • Le modèle minimaliste, qui domine aujourd’hui dans le monde, « est calqué sur le fonctionnement des institutions financières traditionnelles. Il s’appuie sur des organisations de microfinance rentables et financièrement autosuffisantes, ce qui implique qu’on délaisse […] la prestation de services complémentaires et la structure de financement s’appuyant sur des donateurs privés, publics, multilatéraux ou locaux.[4] »

 

Crises majeures de la microfinance dans le monde

Des marchés de la microfinance dans des pays comme le Maroc, le Nicaragua ou la Bosnie ont traversé des crises importantes dans les années récentes, notamment dues à l’incapacité des emprunteurs à rembourser les crédits. Ceci, en grande partie, à cause des pratiques répondant au modèle commercial, où la rentabilité du système prime sur le bénéfice de l’emprunteur. De ce fait, de plus en plus des crédits sont accordés sans nécessairement vérifier que ceux-ci aient un impact direct et positif sur l’augmentation de revenus des promoteurs.

 

Naissance du microcrédit au Québec

Le passage d’une économie industrielle centrée sur la production (manufacture) vers une économie postindustrielle orientée vers des services peu qualifiés dans la décennie de 1980 a entrainé des défis importants, tels que la perte d’emplois et la subséquente augmentation du chômage, ou encore la précarité des emplois.

C’est au cœur de cette transformation économique et sociale que le crédit communautaire québécois a émergé avec les fonds communautaires et les cercles d’emprunt. Sous une optique de protection sociale de la part du Gouvernement, les politiques de développement local, économique et communautaire ont été alors créées. L’origine de la pratique de la microfinance dans le territoire québécois est ainsi intimement liée au marché du travail et à la crise de l’emploi, et aux efforts des ONG pour développer l’employabilité et l’économie sociale.

 

Entrepreneuriat et microcrédit

La création de microentreprises est devenue une solution pour faire face aux problématiques du marché du travail mentionnées précédemment. C’est dans ce contexte que les premiers organismes de crédit communautaires ont vu le jour. L’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM), fondée en 1990, a été l’une des pionnières de la microfinance d’ici. Elle avait non seulement la mission d’accorder des prêts, mais également d’accompagner les promoteurs dans la création de leurs projets entrepreneuriaux. 

La création des microentreprises est donc une voie pour favoriser l’employabilité et l’insertion professionnelle : « De nos jours, plus de 60 % des microentreprises ayant été créées grâce au soutien d’organismes de crédit communautaire au Québec sont dans les faits des travailleurs autonomes.[5] »

Le Réseau québécois de crédit communautaire (RQCC), aujourd’hui le réseau MicroEntreprendre, a été créé en 2000 afin de regrouper les organismes de microfinancement à travers la province. Plus de deux décennies plus tard, nous sommes 20 membres répartis dans les 17 régions du Québec.

 

Microcrédit : au Québec vs dans le monde

Au contraire du modèle minimaliste adopté par la grande majorité des pays, et qui fonctionne comme un sous-secteur financier ; au Québec, le modèle global originalement adopté a été conservé jusqu’à aujourd’hui, et ce, malgré les divers changements des politiques publiques à travers les années.

 

En quoi consiste le modèle de microcrédit québécois ?

Plusieurs facteurs influencent la pratique de la microfinance dans le territoire québécois… 

  1. Elle a une orientation socioéconomique : puisque le microcrédit trouve son origine dans le développement économique communautaire, les besoins sociaux et économiques sont comblés afin d’améliorer les conditions de vie des citoyens, par exemple, avec la création d’emplois et la création d’entreprises (aspects économiques), qui favorisent l’insertion professionnelle et l’inclusion de personnes marginalisées (aspects sociaux).
  1. Elle est ancrée dans l’écosystème de l’économie sociale et solidaire : puisque les organismes de microcrédit appartiennent au tissu associatif de leur territoire d’intervention, leurs démarches reposent sur le capital social de leur communauté locale, y compris les fonds d’emprunt et le savoir-faire. 
  1. Elle s’insère dans l’économie plurielle : « […] le crédit communautaire allie l’économie privée et associative puisqu’il soutient à la fois les microentreprises privées, les coopératives et les OBNL.[6] »

 

Ainsi, les organisations de microfinancement entrepreneurial comme la nôtre, le Fonds d’Emprunt Montérégie, « sont considérées comme des organismes de soutien à la finance solidaire de l’économie sociale[7] ». Elles se caractérisent pour trois composantes :

  1. L’accompagnement de proximité, basé sur le lien de confiance entre l’entrepreneur et son conseiller en développement entrepreneurial afin d’assurer le succès du projet ;
  2. L’accès au microcrédit qui permet aux individus oubliés par le réseau bancaire (des personnes à faible revenu, de plus de 40 ans ou issues de l’immigration, p. ex.) de faire avancer leurs projets d’entreprise ;
  3. Le fonds d’emprunt provenant de la communauté sous forme de dons et d’investissements de la part des fondations, des institutions financières, des OBNL et des personnes qui ont à cœur la cause de l’inclusion sociale.

 

Grâce à cette approche globale, les organismes de microcrédit — responsables d’aider les Québécois et les Québécoises qui ont un projet entrepreneurial viable que ce soit en étape de démarrage, de croissance ou de consolidation/redressement, mais qui se voient refuser leurs demandes de prêt — continuons à développer avec fierté notre mission d’inclusion sociale et financière.

 

[1] Tremblay, S., Langevin, M., & Alberio, M. (2022). La trajectoire du crédit communautaire au Québec : innovation, résistance et recomposition. Revue Organisations & Territoires, 31(1), 111-117. https://doi.org/10.1522/revueot.v31n1.1452

[2] « La crise de la microfinance : crise de maturité ou d’un modèle de financement ? Synthèse du Séminaire d’Epargne Sans Frontière et du projet Microfinance in crisis, organisé le 18 décembre 2013 à la Caisse des Dépôts », Techniques Financières et Développement, 2014/2 (N° 115), p. 79-101. https://www.cairn.info/revue-techniques-financieres-et-developpement-2014-2-page-79.htm

[3] Tremblay, S., Langevin, M., & Alberio, M., op. cit., 112.

[4] Ibid.

[5] Ibid., 114.

[6] Ibid., 115.

[7] Ibid.

Entrepreneure achète une entreprise
ENTREPRENEURIAT

Le repreneuriat, porte de sortie et d’entrée à l’entrepreneuriat

Saviez-vous que lorsqu’un chef d’entreprise désire accélérer le moment de prendre sa retraite ou qu’un entrepreneur en herbe souhaite se rendre rapidement à l’étape de croissance de sa nouvelle entreprise, ils pourraient avoir recours à la même solution ?

Et cette réponse n’est autre que le repreneuriat, qui est, tout court, « la reprise ou le rachat d’une entreprise par une ou plusieurs personnes »[1]. Dans une perspective socioéconomique, le repreneuriat comporte l’entente entre un cédant et un repreneur qui s’engagent à assurer la pérennité d’une entreprise.

Dans ce sens, le cédant, celui qui vend son entreprise, transfère adéquatement sa propriété, y compris ses savoirs, son leadership et ses pouvoirs. De son côté, le repreneur, celui qui fait l’achat, s’assure de continuer les activités de la compagnie tout en restant cohérent avec son histoire, ses valeurs et la réalité changeante dans laquelle celle-ci s’insère.

La reprise peut être individuelle ou collective (dans ce dernier cas, le transfert se fait vers une coopérative ou un OBNL), et les acheteurs (ou la relève) peuvent être des acteurs internes, p. ex. des employés ; ou des acteurs externes, p. ex. des fournisseurs.

D’ailleurs, une portion des compagnies qui dynamisent le repreneuriat est issue du microcrédit entrepreneurial. Ce sont des entrepreneurs qui, grâce à l’appui reçu sous forme d’accompagnement de proximité, de soutien technique et de prêts communautaires de la part des 20 organismes, membres du réseau MicroEntreprendre, deviennent, plus tard, des cédants prêts à passer le flambeau.  

Le transfert d’entreprise au Québec

Au Québec, le chef de file du repreneuriat est le Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ), qui accompagne, depuis 2015, autant les cédants que les repreneurs d’ici à bien mener ce processus requérant les conseils d’un expert en transfert d’entreprise qui agit comme un facilitateur neutre. Ce sont, jusqu’à présent, « 13 000 entrepreneurs et 4 000 entreprises [accompagnées,] totalisant 5,2 milliards de chiffre d’affaires ».

Chaque mois, en moyenne 200 inscriptions, dont environ 60 nouvelles entreprises à vendre, sont réalisées sur l’INDEX, une plateforme numérique réunissant tous les acteurs du repreneuriat : vendeurs, acheteurs et conseillers. D’ailleurs, l’un des principaux attraits de ce répertoire est son caractère confidentiel : les profils du dirigeant (cédant), de son entreprise et des repreneurs restent anonymes, jusqu’à ce qu’une mise en relation formelle soit effectuée par leur conseiller du CTEQ, qui fera signer préalablement une entente de confidentialité (NDA) aux parties intéressées.

Soutenu par le Gouvernement du Québec, le CTEQ propose actuellement un programme de subvention exclusif à ses clients, Accès Experts, qui permet d’obtenir un remboursement jusqu’à 50 % des frais reliés aux services d’un expert en transfert d’entreprise. De plus, grâce à l’appui du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, l’inscription sur le répertoire ainsi que l’accompagnement, entre autres, sont offerts aux cédants à un prix avantageux (forfait : vente d’entreprise).

Et pour tous ceux et celles qui envisagent sérieusement de s’impliquer dans un processus de transfert d’entreprise, le Sommet du repreneuriat qui sera célébré le 29 mars prochain à Montréal est un incontournable ! Réunissant la plus grande communauté repreneuriale d’ici, l’évènement abordera, lors des ateliers, des conférences et d’autres activités, la vente et l’achat d’une PME au Québec.

Comment se passe le processus de repreneuriat ?

Desjardins et le CTEQ ont défini les étapes d’un transfert d’entreprise que nous vous présentons en bref :

  1. Réflexion et évaluation : en plus de prendre la décision de céder son entreprise, le dirigeant doit réfléchir à ses objectifs pour lui et pour son entreprise, au moment où il désire faire le transfert, à ses besoins financiers, et ensuite doit, notamment, faire évaluer la valeur de sa compagnie et considérer les options de relève qui s’offrent à lui.
  2. Stratégie et plan de transfert : le cédant choisit la relève (individuelle ou collective/interne ou externe) et prépare un plan qui reflète la façon dont il veut faire le transfert, en tenant compte des questions comme les aspects humains, stratégiques et de gestion.
  3. Transaction financière : cette étape comprend, entre autres, la lettre d’intention, beaucoup plus formelle et plus précise que la lettre d’intérêt ; l’offre d’achat ; et le contrat d’achat/vente des actions ou des actifs.
  4. Transition vers une nouvelle vie : il s’agit d’une période charnière où chacune des parties assume son nouveau rôle ; la relève prend la direction de la compagnie et le cédant se retire progressivement afin de mettre en œuvre son plan financier pour la retraite.
Six (6) bonnes raisons pour faire appel à la reprise d’entreprise

Processus complexe, détaillé et souvent émotif, le transfert entrepreneurial représente des atouts certains, que ce soit…

Pour le cédant, qui peut :
    • Augmenter son patrimoine, tout en réduisant les risques ;
    • Faire la transition vers la retraite dans ses propres termes ;
    • Assurer la continuité de son travail.
Ou pour le repreneur, qui peut :
    • Limiter les risques comparativement au démarrage d’une entreprise ;
    • Se rendre plus rapidement à l’étape de croissance de l’entreprise en s’appuyant sur le savoir-faire, les ressources humaines en place, etc., ainsi que sur sa propre capacité à innover et/ou sur ses habiletés de gestion ;
    • Trouver plus facilement du financement puisque la compagnie a déjà fait ses preuves.
L’impact positif de la relève entrepreneuriale dans notre société

Aujourd’hui, le repreneuriat est essentiel à l’économie québécoise, car grand nombre de baby-boomers ayant fondé les petites et moyennes entreprises qui constituent la base de notre économie sont en train de partir à la retraite. C’est la relève, c’est-à-dire les entrepreneurs qui reprennent ces compagnies pour les amener au niveau suivant, qui permet d’assurer une certaine stabilité au système socioéconomique de la province.

Néanmoins, bien avant de se rendre à l’étape du transfert, il faut faire croître son entreprise jusqu’à ce qu’elle devienne attractive aux yeux de la relève, de ceux qui comprennent que « reprendre, c’est entreprendre ». Investir donc des efforts dès le démarrage de son entreprise pour peaufiner ses habilités en gestion, pour planifier de façon stratégique, pour instaurer les meilleures pratiques de son industrie… pour bien faire les choses, est non seulement sensé, mais nécessaire !

[1] https://ctequebec.com/definition-du-repreneuriat/

 

Mise à jour : 7 juin 2023 

Le 18 mai 2023, le Réseau Mentorat et ses partenaires ont dévoilé les résultats de l’Indice entrepreneurial québécois 2022 Vers une culture entREPRENEURIALE. Cliquez sur les liens pour télécharger… 

Entente FEMontérégie – La Ruche 2023
COMMUNIQUÉS DE PRESSE

Nouveau programme de financement additionnel créé par le Fonds d’Emprunt Montérégie et La Ruche pour les entrepreneurs

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 
Pour diffusion immédiate

 

Brossard, le 28 février 2023 – Le Fonds d’Emprunt Montérégie et La Ruche, leader en financement participatif, ont conclu un nouveau partenariat afin de soutenir davantage les entrepreneurs de la région. Grâce à cette entente signée le 20 décembre 2022 et en vigueur depuis le début de l’année, les deux organismes sont en mesure d’offrir du financement additionnel issu du microcrédit (Fonds d’Emprunt Montérégie) aux entrepreneurs montérégiens faisant une campagne de sociofinancement sur La Ruche.

Les entrepreneurs exclus du système de crédit traditionnel qui feront une campagne sur La Ruche pourront bénéficier d’un prêt avantageux représentant :

    • Un dollar (1 $) additionnel de financement pour chaque dollar obtenu en sociofinancement (1 $ : 1 $) jusqu’à concurrence de 10 000 $ par projet ;
    • Un taux préférentiel (réduction du taux d’intérêt sur le prêt de 0,5 %) ;
    • Un traitement accéléré de la demande auprès du Fonds (présentation d’un dossier complet au Comité de prêt dans un délai de 15 jours ouvrables) ;
    • Le service d’accompagnement de proximité, y compris le suivi technique, inhérent à tout crédit accordé par le FEMontérégie.

Les entrepreneurs devront répondre aux conditions d’admissibilité et présenter leur dossier afin que celui-ci soit analysé selon les critères habituels de :

    • Viabilité ;
    • Rentabilité ;
    • Réalisme ;
    • Effet de levier du prêt ;
    • Respect de la mission du Fonds d’Emprunt Montérégie.

Ainsi, les entrepreneurs qualifiés par le Fonds d’Emprunt Montérégie auront accès à des prêts d’une durée maximale de trois (3) ans ou à des prêts-ponts selon les modalités établies par son Conseil d’administration.

À propos

Le Fonds d’Emprunt Montérégie est un organisme à but non lucratif qui contribue au développement socioéconomique de la région en offrant du microfinancement, de l’accompagnement de proximité et de la formation aux entrepreneurs de la Montérégie qui n’ont pas accès au système de crédit traditionnel et qui se trouvent en étape de démarrage, de croissance ou de consolidation.

Fier membre du Réseau MicroEntreprendre, il est en activité depuis l’année 2001 desservant une clientèle diversifiée, composée des personnes à faible revenu, de plus de 40 ans ou issues de l’immigration ; ou encore des femmes, des mères ou des jeunes. Tous des entrepreneurs motivés et talentueux qui désirent développer leur autonomie financière et se réaliser à travers des projets ambitieux.

La Ruche

La Ruche est une solution de financement participatif et un organisme à but non lucratif qui a pour mission de favoriser l’émergence de projets qui stimulent l’économie, le rayonnement et la vitalité des régions du Québec. Depuis sa création, La Ruche a récolté près de 30 M$ en financement participatif et près de 50 M$ en retombées totales, et ce, dans les treize régions dans lesquelles elle est active. La Ruche se distingue par son accompagnement humain, ses programmes de financement additionnel et son approche régionale.

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Pour de plus amples renseignements :

Équipe de communications du FEMontérégie
communication@femonteregie.ca

Soumission de projets
Stéphanie Blais
Directrice, La Ruche Montérégie
stephanie.blais@laruchequebec.com

Calendrier d’événements
GESTION D’ENTREPRISE

Le calendrier d’évènements : un outil pour mieux promouvoir votre entreprise

Cette billet de blogue vous rappelle l’importance de bien programmer la participation de votre entreprise à des événements clés de l’année.

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