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Martin Clement CEO Distinct Kapz
ENTREPRENEURIAT

Martin Clement de Distinct Kapz : la résilience incarnée

Des casquettes avec visière interchangeable qui vous permettent de personnaliser votre look et économiser ? Une nouveauté possible grâce à un entrepreneur épaulé par le Fonds d’Emprunt Montérégie, dont le projet se trouve en pleine campagne de sociofinancement, et ce jusqu’au 28 juin 2024. 

Pour survivre, il faut s’adapter au changement. Voilà non seulement la base du concept Distinct Kapz, mais aussi la règle d’or de son créateur Martin Clement, caractérisé, au-delà des doutes, par sa grande résilience et sa persévérance.

Ayant surmonté des périodes sombres dans sa vie personnelle, Martin se confie afin d’inspirer d’autres entrepreneurs en herbe qui traversent peut-être les mêmes épreuves et qui se demandent s’il est possible de s’en sortir.

« Il y a environ sept ans, quelque temps après être revenu au Québec, j’ai décidé de quitter mon emploi où je n’étais pas heureux ; j’ai rompu avec la femme avec qui j’ai eu mes deux premiers enfants et avec qui j’étais depuis 15 ans ; et j’ai arrêté les médicaments pour la dépression et commencé à adopter de meilleures habitudes de vie. Donc, moi, en l’instant d’une semaine, j’ai fait un gros reset, comme on dit, et de là tout a commencé à aller pour le mieux. »

Il y a deux ans, Martin a fait l’un de ses derniers grands pas vers une vie plus saine quand il a remplacé la cigarette et l’alcool par des casquettes révolutionnaires, soit par un projet entrepreneurial qui le passionne. Car, pour se réinventer, il lui fallait donner vie à quelque chose de nouveau et de fascinant.

Cœur d’entrepreneur et âme d’artiste

Porteur de la flamme de l’entrepreneuriat depuis son adolescence en raison de son leadership naturel, Martin a toujours su qu’il voulait être son propre patron et diriger éventuellement une équipe où chaque membre puisse se sentir valorisé et à la bonne place.

Artiste dans l’âme, Martin a travaillé pendant 10 ans dans l’industrie du cinéma en Colombie-Britannique. Grâce à sa polyvalence, il est ce qu’on appelle un « jack-of-alltrades» : travail sur les plateaux de tournage, dans les bureaux de production, en casting, ainsi que production musicale, montage vidéo et photographie. Des compétences variées qu’il utilise maintenant au profit de sa compagnie.

C’est, d’ailleurs, une vidéo qu’il a lui-même réalisée sur son produit et publiée sur un site Web d’entrepreneurs qui lui a permis d’attirer un actionnaire qui a immédiatement vu le potentiel de croissance de Distinct Kapz, et qui a, par la suite, trouvé deux autres investisseurs qui ont aussi cru au projet.

Comme la plupart des gens à l’esprit entrepreneurial, il a essayé plusieurs projets et a gouté à l’échec sans pour autant se laisser vaincre, bien au contraire : « Quand tu es un vrai entrepreneur, tu apprends de tes erreurs et tu réappliques ça. Ainsi, je suis passé au suivant et au suivant parfois sans succès ou cela ne durait pas longtemps ».

Mentionnons, par exemple, les soirées de speed dating qu’après avoir préparé avec soin allaient être lancées avant que la COVID arrive dans le décor, ou encore, la plateforme de troc de biens et de services qu’il a créée et mise en ligne, puis vendue rapidement.

Bâtir le projet Distinct Kapz

Mais cet entrepreneur franc et enjoué n’est pas tout seul. Pour Martin, c’est évident que rien de ceci ne serait possible sans le soutien inébranlable de sa conjointe et associée Josée Roy-Many, prochainement vice-présidente et directrice de ressources humaines de Distinct Kapz.

« [Ma conjointe], la vie l’a mise sur mon parcours… je l’ai rencontrée au bon moment. Si j’étais un oiseau, puis il me manquait une aile, c’était mon aile d’extra pour que je puisse voler », c’est avec ces mots remplis d’émotion que Martin nous parle de Josée. Elle contribue non seulement au développement de la compagnie, mais s’occupe aussi de la maisonnée, composée de 6 enfants, dont leurs deux jeunes filles, pour que Martin ait le temps de se consacrer à son rêve 24/7. « Josée est un pilier pour moi. Sans elle, sans ses sacrifices, la compagnie n’aurait jamais vu le jour », a-t-il ajouté.

Martin compte également sur le soutien de précieux collaborateurs. Il travaille aujourd’hui 3 équipes de 5 personnes, essentielles pour mener à bien cette étape du projet. Il apprend du même coup les rouages du métier avec tout ce que cela implique, y compris de faire des choix difficiles, tel que refuser des offres alléchantes ou renoncer à un partenariat qui ne fonctionnait plus.

La création d’un produit novateur

Mordu des casquettes qu’il considère comme un magnifique accessoire du quotidien que ça soit comme un outil de mode, sportif ou pour la réalisation de certains métiers, Martin s’est rendu compte qu’il y avait une opportunité dans le marché :

« L’industrie de la casquette, ça fait 170 ans qu’elle existe, et normalement après un temps important les produits passent à travers une certaine mise à jour. Et cela n’est jamais arrivé dans le monde de la casquette, j’ai donc trouvé un trou dans l’industrie et je voulais le percer avant que quelqu’un d’autre le fasse.

C’est une casquette interchangeable avec beaucoup d’avantages… Elle s’aligne au centre, c’est très solide et elle ne glisse pas. Je peux simplement prendre ma casquette blanche, mettre une autre visière et j’ai une nouvelle casquette ! C’est plus durable et écologique.

Je crois qu’on pourrait redéfinir un peu l’industrie de la casquette et la relancer. Peut-être que dans 10 ou 20 ans, les prochaines générations verront la casquette interchangeable versus la traditionnelle comme nous voyions les DVD et les VHS. »

Carnets remplis d’idées ; première maquette en papier ; prototype, brevet d’invention dû au système magnétique révolutionnaire qui fait possible l’alliance de technologie de pointe et de style intemporel ; demandes de licences d’entreprises intéressées à appliquer cette innovation dans leurs produits ; acquisition de sa marque de commerce…

Enfin, Martin a déjà passé par la plupart des composantes de développement de produit, une aventure enrichissante qui ne cesse d’évoluer et dont vous pouvez faire partie !

Étudier son marché grâce au financement collectif

Fier de son invention née au Québec, Martin est désireux de bâtir une marque internationale. Pour réaliser cet objectif, une campagne de sociofinancement a été lancée le 29 mai dernier sur la plateforme Kickstarter.

Pour le dirigeant de Distinct Kapz, le crowdfunding sert à financer son projet au moyen de la prévente à prix réduit (à partir de 75 $, casquette + palette additionnelle) et, surtout, à découvrir d’une façon moins coûteuse et plaisante la réponse de la clientèle cible face aux casquettes qui sont venues révolutionner le marché.

Et sans surprise, au moment d’écrire ces lignes, le résultat est positif ! Presque la moitié de l’objectif a été atteint et il reste encore 2 semaines de campagne. Il ne manque que votre soutien.

 Tout miser pour réussir

Le créateur de Distinct Kapz vit beaucoup d’émotions puisqu’il a tout mis pour ce projet : « j’ai un peu joué à la roulette russe… pendant les deux dernières années, j’ai investi toute mon énergie et toutes mes économies, voilà le niveau de confiance que j’ai en ce projet. »

Appuyons-le en joignant sa campagne de sociofinancement ! Obtenez, vous aussi, les casquettes Distinct Kapz et un look différent à chaque sortie.

Didier K. Muamba
Les coulisses du Fonds

Didier K. Muamba : prioriser le bien-être collectif

Expert en économie sociale, Didier K. Muamba est un conseiller entrepreneurial chevronné à l’oreille attentive. Il possède une maitrise en gestion de coopératives et de collectivités, ainsi qu’un baccalauréat en économie et administration des affaires.

Avec une grande capacité d’adaptation, ce conseiller d’origine congolaise a une expérience de plus de 18 ans dans le milieu de l’entrepreneuriat privé et collectif québécois. Didier a travaillé au Carrefour Jeunesse Emploi en accompagnement et formation des jeunes entrepreneurs, et il siégeait au comité d’octroi du programme STA (Soutien au travail autonome) Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies. Il a également travaillé à la CDEC Rosemont–Petite–Patrie, à PME Montréal et à Développement économique de l’agglomération de Longueuil (DEL), et il a exercé comme conseiller à l’international pour des projets collectifs dans des pays comme le Mali et le Mexique.

Depuis 4 ans, Didier est analyste financier senior chez RISQ — Réseau d’investissement social du Québec —, où il coordonne les fonds et analyse les demandes de financement venant des entrepreneurs du secteur de l’économie sociale, en les aidant à trouver des solutions financières pour que leurs projets prospèrent. Il réalise aussi des tournées partout au Québec afin de renforcer l’écosystème de l’économie sociale, d’élargir le réseau de contacts et de partenaires du RISQ, et de faire connaitre leur mission auprès des entrepreneurs potentiels.

Vu son dynamisme, il n’est pas rare que Didier ait aussi goûté à l’entrepreneuriat collectif et qu’il se soit toujours impliqué au sein des causes qu’il a à cœur comme celles de Filaction et de PME Montréal. Depuis l’année 2021, il fait partie du Fonds d’Emprunt Montérégie, où il est administrateur et trésorier au CA. « Ce bénévolat au FEM me permet de contribuer au développement de la région en soutenant des personnes dans le besoin financier, mais qui ont l’ambition de partir des projets d’affaires et qui grâce à leur travail génèrent des emplois pour la communauté. »

Parmi ses passe-temps préférés se trouve la lecture de livres sur la vie de grandes personnalités et sur des enjeux historiques comme la mondialisation et le capitalisme. Il aime bricoler et faire des rénovations, ce qu’il met au profit de son entreprise en gestion immobilière. En plus, il apprend à jouer la guitare, instrument qu’il se donne le goût de pratiquer chaque fois qu’il en a l’occasion.

Remorque JJ lave mon bac
ENTREPRENEURIAT

JJ lave mon bac : un service hors pair, pratique et écoresponsable

En prévision du Jour de la Terre que nous célébrerons un peu partout dans le monde le mois à venir, soit le 22 avril, nous nous sommes entretenus avec deux entrepreneurs persévérants et de grand cœur, les frères Prud’homme, Jimmy et Joël.

Ils sont à la tête de JJ Lave mon bac, une entreprise écoresponsable et novatrice dans la région, épaulée par notre organisme de microcrédit entrepreneurial, le Fonds d’Emprunt Montérégie, fier membre du réseau MicroEntreprendre.

Le concept Lave mon bac

Le concept est simple et pourtant novateur. Né d’un besoin que les frères Prud’homme ont eux-mêmes éprouvé lorsqu’ils ont cherché à qui confier le lavage de leurs bacs à ordures, à compost et à recyclage. Ils ont constaté, avec étonnement, que ce service était rarement offert, et encore moins dans cette région de la Rive-Sud de Montréal.

Ils ont alors tout naturellement poussé leurs recherches… Combien ça coûterait de le faire eux-mêmes ? Quels seraient les équipements nécessaires ? La logistique que cela impliquerait ? Peu à peu, leur idée a pris forme et bientôt le plan d’affaires de l’entreprise, fondée en 2022, s’est concrétisé.

Les avantages d’un service de lavage de bacs pro

« Pourquoi je ne le faisais pas faire avant ? », voilà un commentaire récurrent exprimé par des clients satisfaits qui, souvent, n’avaient aucune idée que ce service existait.

Le lavage professionnel de bacs fait par JJ Lave mon bac élimine 99,9 % des bactéries… « On ne les repousse pas seulement, on les tue complètement grâce aux machines qui travaillent avec de l’eau à pression et à température élevée, en plus des produits efficaces que nous utilisons », nous a expliqué Joël.

Avec ce service de lavage à domicile de vos bacs, vous n’aurez plus à vous inquiéter de :

    • Mauvaises odeurs ;
    • Bactéries, microbes ou virus potentiels ;
    • Animaux nuisibles comme des mouches ou des ratons laveurs.
En quoi le service de JJ Lave mon bac est-il écoresponsable ?

Conscients de l’importance de prendre soin de notre planète, les dirigeants de l’entreprise ont conçu un service de lavage des bacs qui favorise un environnement propre et sécuritaire pour toute la famille, et particulièrement pour les enfants et les personnes plus vulnérables… L’entreprise a mis en place une méthode de traitement de ses eaux usées en lien avec le développement durable :

    • Utilise uniquement des produits biodégradables ;
    • Vide les eaux usées à la bonne place ; directement dans les usines de traitement de l’eau, ce qui évite des ruissellements et de possibles dommages aux égouts.
Expérience client simple et agréable

Durant la saison d’opérations qui va de mai à octobre, Jimmy et Joël, qui desservent également le secteur commercial (restaurants, garderies, immeubles de luxe), offrent à leur clientèle résidentielle 3 forfaits, dont le plus populaire est le mensuel. Des clients curieux de tester le service, mais qui hésitent à s’engager commencent avec le forfait unique et passent rapidement à un forfait plus récurrent selon leurs besoins.

L’entreprise fait des rabais à partir du deuxième bac et par paiement annuel. L’abonnement se fait en ligne et le client reçoit un message texto à l’avance afin de lui rappeler de sortir son bac vide. Le lavage se fait habituellement le lendemain de la collecte pour que le client n’ait pas à se priver de son utilisation sur plusieurs journées. En plus, le client n’a pas besoin d’être sur place !

Même si l’entreprise dessert principalement les villes mentionnées dans leur site Web, dont Saint-Constant et Châteauguay, ils sont parfois appelés à servir ailleurs. Ceci implique un coût supérieur vu les dépenses liées à l’essence et au temps investi, une différence de prix que les clients sont prêts à payer en raison de la qualité exceptionnelle du service.

Une entreprise familiale

JJ Lave mon bac n’est pas seulement dirigée par deux frères, l’équipe est complétée par leur père, responsable des opérations sur le terrain. De son côté, Jimmy mène la logistique et la gestion d’entreprise, tandis que Joël assure le service à la clientèle et les abonnements.

Malgré cette répartition des tâches, cette famille collabore comme une vraie équipe : « Nous nous partageons les tâches ; si l’un est occupé, l’autre prend la relève. On ne laisse pas des tâches trainer, même si nous avons de méthodes de travail différentes ».

Défis et récompenses

Ces entrepreneurs travaillants et perfectionnistes avaient, d’ailleurs, chacun déjà goûté à l’entrepreneuriat. Ils savent qu’ils ont le défi de former le public non seulement en leur informant que le service existe et que c’est important de laver ses bacs en toute sécurité pour soi et pour l’environnement, mais aussi en communiquant qu’il ne s’agit pas d’un service gratuit prêté par les villes, ce que certains croient à tort.

Pour les frères Prud’homme, la meilleure récompense est la satisfaction de leur clientèle… De remarquer que le travail est tellement bien fait, que les clients sortent parfois les rencontrer juste pour voir comme cela se fait : « Les bacs sont laissés tellement propres que certains pensent qu’on change les bacs carrément. Ils deviennent comme neufs ».

L’important, c’est d’apprendre
    • Foncer, ne pas craindre l’échec, car tout est une expérience.
    • Croire à son projet, toute en mettant les heures nécessaires.

Voilà ce que les frères Prud’homme recommanderaient aux entrepreneurs en herbe. Ils sont d’ailleurs reconnaissants de l’aide financière reçue de la part du FEMontérégie au début de leur aventure, ainsi que des conseils et de la mise en contact avec des investisseurs potentiels dont ils bénéficient toujours.

N’hésitez donc pas à essayer leur service de lavage de bacs à domicile. C’est la période d’abonnements !

Famille Parcékilib 2024
ENTREPRENEURIAT

Parkour et Ninja Warrior : “Plus accessibles qu’on ne le pense”, et maintenant en Montérégie !

Contraire à la croyance populaire, le Parkour est une discipline sportive pour tout le monde. Oui… le Parkour, appelé par certains « course libre » et dont on voit les « traceurs » sauter de mur en mur, est adapté pour vous et pour moi ; autant pour ceux qui s’entrainent assidument que pour ceux qui ne bougent que très rarement. Seule condition ? Avoir envie d’apprendre et de repousser ses limites.

Et voilà où réside la beauté du Parkour ! Au-delà du défi physique, il y a le dépassement de l’esprit. Mais pourquoi alors cette image répandue, qui ferait du Parkour presque une question de superhéros ? « La raison est simple. Malheureusement, ce qui attire les gens ou qui devient viral si l’on veut, ce sont les grandes prouesses, les enchaînements réussis, mais pas le processus qui vient avant… la progression, l’apprentissage, la pratique », ont expliqué Audrey Crevier et Marc-André Marquette, le couple dynamique à la tête du Parc Ékilib à Saint-Jean-sur-Richelieu avec qui nous avons eu un agréable entretien.

Le Parkour, c’est quoi ?

C’est l’art de se déplacer dans son environnement immédiat, que celui-ci soit rural ou urbain, en surmontant ou en contournant sécuritairement les obstacles (tout ce qui se présente devant nous). Les habiletés déployées par les assidus de cette « course à obstacles » et qui semblent si naturelles sont le résultat de la pratique : la répétition des mouvements enchaînés qui permettent d’avancer malgré les barrières rencontrées et la méconnaissance de ce qui s’en suit.

Une activité physique qui nous prépare sans doute à faire du même dans notre vie quotidienne, parsemée des défis qui augmentent rapidement nos niveaux de stress puis d’anxiété. Le Parkour est donc source de bien-être général et d’estime de soi, ce qui est à la base de la mission du Parc Ékilib : aider les gens à évoluer et surmonter leurs propres barrières.

En quoi consiste le Ninja Warrior ?

Au contraire du Parkour, le Ninja Warrior exige une meilleure condition physique. Marc-André, pratiquant et coach de deux disciplines, recommande de commencer son entrainement par le Parkour afin de développer sa force et son endurance, spécialement dans les bras, puisque le Ninja Warrior, qui a gagné en popularité grâce aux émissions télé du même nom, met l’accent sur les obstacles à hauteur.

D’ailleurs, l’agilité et l’équilibre sont des facultés qui s’estompent lorsqu’elles ne sont pas cultivées. Or, le Ninja Warrior et le Parkour contribuent à les maintenir et à les renforcer. Une raison de plus pour fréquenter le Parc Ékilib.

Un lieu qu’on attendait en Montérégie… sans le savoir

« On n’avait pas ce genre de chose là ici », ou bien « Il nous manquait quelque chose comme ça, pour la famille » sont des commentaires entendus avec une certaine fréquence par les gestionnaires du Parc Ékilib, ce grand centre sportif intérieur urbain de Parkour et de Ninja Warrior qui est venu changer la vie de la région et plus particulièrement des familles de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Petits et grands peuvent s’adonner à la pratique sportive de ces deux disciplines ou tout simplement s’amuser. Le Parc offre 3 zones (Parkour, Ninja Warrior et Jeunesse) et une panoplie d’options dont :

      • Les cours de différents niveaux que ce soient pour les individus selon l’âge ou pour les familles des enfants de 5 à 10 ans ;
      • L’accès libre pour ceux qui veulent avoir du plaisir et bouger sans engagement, tout en ayant la possibilité d’être assistés au besoin ;
      • Et même les fêtes d’enfants et les groupes scolaires !

Vu le succès du centre et le grand achalandage pendant les fins de semaine et les journées pédagogiques, Audrey suggère à tous ceux qui peuvent planifier leur visite de réserver en ligne. « Les clients walk-in sont également les bienvenus ! », a-t-elle précisé.

Bien que la pratique de ces disciplines comporte des risques, la sécurité est, bien entendu, l’une des priorités du Parc Ékilib : non seulement les installations sont adaptées pour répondre à ce besoin, mais aussi les instructeurs sont adéquatement entrainés et ont suivi des cours de sécurité et en premiers soins.

Cofondateurs passionnés

S’adonnant au Parkour depuis 20 ans, Marc-André avait le rêve de pouvoir le pratiquer pendant toute l’année et d’offrir à d’autres personnes la même possibilité. Afin de soutenir son rêve, Audrey est devenue la gestionnaire intrépide derrière le succès de l’entreprise, responsable surtout de la communication numérique et du développement des affaires. Elle, qui n’avait jamais tenté le Parkour, en profite maintenant pour l’apprendre à côté de ses clients.

Les cofondateurs du Parc Ékilib sont, tous les deux, issus du domaine audiovisuel, une expertise qu’ils investissent dans leur compagnie.

D’un côté, Audrey est photographe professionnelle depuis deux décennies. Ce travail lui a d’ailleurs permis de se créer un important réseau de contacts, qui a été d’une grande aide pour le démarrage de l’entreprise. Et c’est en partie en raison de son expérience comme travailleuse autonome qu’elle a toujours su qu’elle se lancerait un jour en affaires.

D’un autre côté, Marc-André est un vidéaste chevronné. Aujourd’hui, il est le principal coach et entraineur de deux disciplines sportives au Parc Ékilib, et le responsable de la comptabilité et de la publicité.

Défis de l’entrepreneuriat

Les cofondateurs unissent leurs forces pour la réussite de leur projet entrepreneurial dans lequel participent également les filles d’Audrey, qui ont 16 et 13 ans.

Une expérience qui les confronte quotidiennement au défi de concilier travail et famille. Ils ont ainsi adopté des stratégies comme une meilleure gestion du temps et l’embauche d’employés pour retrouver l’équilibre.

Le marketing est aussi un défi pour le couple d’entrepreneurs, qui apprend à jongler avec les différentes activités promotionnelles pour faire connaitre le centre sportif.

Le retour des clients : gage de réussite

« Ma paye, c’est de voir les clients heureux et de les entendre dire : “Merci pour ça. J’ai réussi, je me suis dépassé ! Ils partent fiers de leurs réussites” », a commenté Audrey.

« Ma plus grande fierté, c’est d’avoir converti des gens qui sont venus pour faire du Ninja Warrior au Parkour, qui est moins connu. Ils finissent par vraiment l’apprécier », a rajouté Marc-André.

Les partenaires et les alliés du projet Ékilib

Aménagé dans le Carrefour Richelieu, le Parc Ékilib a ouvert ses portes le 16 septembre 2023 grâce au soutien de ses nombreux partenaires et alliés parmi lesquels on retrouve :

      • La Ruche Montérégie, qui leur a permis de ramasser 50 000 $ avec du financement participatif ;
      • Tourisme Montérégie qui leur a accordé une subvention financière ;
      • Le Fonds d’Emprunt Montérégie: « Eric Gosselin nous a donné un énorme coup de main avec ses conseils précieux et son soutien dans l’élaboration de notre plan d’affaires, qui a convaincu les prêteurs de financer le projet » ;
      • La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, un partenaire clé du projet, plus précisément avec l’accompagnement constant de Julie Lacoste, conseillère au développement économique.

Une aide certainement appréciée par les cofondateurs du Parc Ékilib : « Bien s’entourer est crucial. Il y a tellement d’organismes et des programmes qui font la différence pour démarrer une entreprise au Québec comme ceux de nos partenaires, et il faut en parler. Et si tu crois vraiment à ton projet et que tu as fait une bonne étude de marché, même si tu pars à zéro comme nous, tu peux y arriver. Dans notre cas, on n’avait pas d’argent de côté ».

Depuis le 4 avril dernier, ils sont, de plus, lauréats au niveau local OSEntreprendre du volet Création d’entreprise. Nous leur souhaitons bonne chance pour le niveau régional !

Découvrez donc ce parc sportif sans égal. Seul, en famille ou entre amis, ça vaut le coup ! Il est habituellement ouvert 7/7.

Et ne ratez pas le Parc Ékilib Mobile pendant l’été, ou encore les inscriptions déjà ouvertes pour le camp de jour adressé aux enfants de 8 à 13 ans.

Bon défi !

Développement de produit FEM
ENTREPRENEURIAT

Développement de produit : mode d’emploi

Le développement d’un nouveau produit est un processus complexe qui va de l’idée à sa mise en marché. Il s’agit d’un processus qui requiert temps et ressources, et dont le succès est incertain. Néanmoins, lorsque celui-ci porte les fruits recherchés, cela peut changer à jamais la vie du concepteur/entrepreneur qui a osé se lancer dans cette aventure qu’est la création.

Nous nous sommes entretenues avec Ximena Castro, notre conseillère en développement entrepreneurial au Fonds d’Emprunt Montérégie. Possédant un baccalauréat en design industriel et un vaste savoir-faire en développement de produits, elle a accepté de répondre à nos questions afin de mieux comprendre ce qu’implique le développement d’un produit. Nous nous attarderons spécialement sur ce qui concerne la création d’un produit comme tel, soit de la conception à la production du prototype.

Quelles sont les étapes de développement d’un produit ?

D’abord, lorsque nous parlons de développement de produit, nous nous référons à un processus continu — ou système plutôt qu’à des étapes séquentielles. Dans ce sens, on saute, au besoin, d’une composante à l’autre selon ce qui se retrouve en face de toi en tant que développeur de produit. Par exemple :

    • Ce que tu as confirmé ou non par rapport au produit en lien avec sa forme, le matériau choisi ou la manière dont l’utilisateur en fait usage ;
    • Les conséquences face au changement de certaines variables externes comme la disponibilité d’une matière première ou l’accessibilité à la technique de production appliquée.

Il vaut la peine de mentionner aussi que dans le design de produits l’innovation est un aspect important : soit tu crées un objet qui est réellement nouveau, soit tu fais des améliorations à des produits déjà existants, ce qui est plus courant.

Quelles seraient donc les composantes — ou pas si l’on veut — de ce processus continu qu’est le développement de produits ?

En réalité, c’est très proche du lancement (ou création) d’une entreprise. Tout commence par un besoin à combler et il faut le préciser le plus possible :

    • Quel est le besoin de base qui serait comblé ?
    • Ce produit ou objet, satisferait-il d’autres besoins ?
    • Qui a ce besoin ? Par exemple, le produit s’adresserait-il à des enfants ou à des hommes d’un certain âge ?

Et c’est à ce moment-là qu’on fait un brainstorming afin d’identifier des solutions alternatives qui existent ou qui pourraient être proposées pour combler ce même besoin. Cette analyse permet non seulement de réfléchir au marché sinon aux différentes variables qui pourraient influencer la création du produit, telle que les dimensions ou la forme.

C’est le début d’une sorte de tri de ce qui nous est venu en tête au moment d’avoir l’idée… Cela aide à écarter des possibilités ou à en ajouter d’autres auxquelles on n’avait pas pensé.

Il faut aussi considérer ce que j’appellerais les orientations. Si je suis spécialiste dans une technique de production particulière et c’est ça qui était à l’origine de mon idée, cette technique va forcément guider le développement du produit et va supposer certaines contraintes qui y sont liées, p. ex., les ressources nécessaires à ce type de production (machinerie ou autre) ou les matériaux qui vont avec.

Alors, si je suis une artisane maroquinière et que je veux créer, disons, un sac à dos, ma technique va influencer le tout. Non seulement le sac comme tel en raison du cuir, son apparence, sa souplesse, etc., sinon également sa production en tenant compte de l’approvisionnement de cette matière première, des matériels requis pour la travailler, ainsi que des procédures propres à cette spécialité.

On peut aussi construire des maquettes qui nous permettraient de tester nous idées ou théories au fur et à mesure qu’on avance dans la conception… Cette maquette peut se faire parfois dans un matériau totalement différent de celui qui sera utilisé pour développer le vrai produit, et cela peut concerner l’objet au complet ou seulement une partie, dépendamment de ce qu’on souhaite vérifier.

Pour continuer avec notre exemple du sac à dos, je pourrais élaborer une maquette en papier dans le but de confirmer si les mesures auxquelles j’avais pensé conviennent réellement selon le but de cet objet ou de l’utilisateur visé.

Il y a également le plan technique (en 2D) qui sera la base de notre modèle (en 3D). Sur ce plan, on considère les différentes faces de l’objet, leurs mesures, les matériaux des différentes composantes, leurs couleurs, etc.

Ensuite, on développe le prototype, soit le modèle original qui précède la production en série, avec les caractéristiques choisies… Si cela ne fonctionne pas, on revient sur certains pas, souvent sur le plan technique, et ainsi de suite jusqu’à ce que notre prototype ET la production soient satisfaisants pour plusieurs facteurs tels que :

    • Délais de production ;
    • Coûts ;
    • Ressources nécessaires ;
    • Et résultat final, évidemment.

Précisons également que tout ce processus implique des recherches, et ce de façon transversale, par exemple, sur des possibles fournisseurs, les matières premières, les concurrents potentiels, etc.

Après, la mise en marché agit comme une sorte de test réel qui nous permettra de vérifier nos hypothèses à une échelle plus grande. Et l’on revisite autres composantes (ou étapes) au besoin pour modifier, améliorer ou même éliminer le produit si cela n’a pas donné les résultats escomptés.

Il y a, bien sûr, le marketing et la commercialisation, mais le développement du produit comme tel est compris dans les pas expliqués précédemment. En bref :

    • L’idée/le besoin
    • Brainstorming: solutions possibles ou alternatives pour combler ce besoin, y compris une analyse du marché et la considération de différentes variables (matériaux, production, utilisateur ciblé, etc.)
    • Orientations : y a-t-il une variable qui guide ou impose de contraintes sur le développement de mon produit ?
    • Maquettes totales ou partielles.
    • Recherches variées afin d’obtenir ou de confirmer certaines informations ou hypothèses. Cet aspect influence fréquemment la prise de décisions.
    • Plan technique en 2D.
    • Développement du prototype en 3D, y compris ce qui exige la production.
Si je dois confier la production de mon nouveau produit à un tiers, devrais-je intervenir ou devrais-je plutôt le laisser faire en me concentrant sur le résultat final ?

Il est très important de garder le contrôle sur son produit, en cas contraire, tu es en train de céder ton pouvoir sur ta création. Dans ce sens, il est essentiel de :

    • Savoir exactement comment cela se passe en détail dans la production ;
    • Avoir une communication étroite avec la personne ou l’équipe qui fait la production.

Parfois, il y a aussi des moules ou des outils spécifiques au développement d’un nouveau produit, et cela entraine des coûts. Dans certains cas, c’est le concepteur qui les assume ; dans d’autres, c’est le producteur (fréquemment grâce à une entente garantissant qu’il aura le contrat de production en série une fois que le prototype sera approuvé).

Comment puis-je protéger mon idée ?

Dans le milieu du design industriel, on dit souvent qu’une idée n’appartient à personne. Tout se joue dans le développement de l’idée, dans le fait de prendre ce concept et de le transformer en quelque chose de tangible.

À partir du moment où quelqu’un d’autre prend ton produit et introduit une modification ou une amélioration, ce n’est plus techniquement ton produit. C’est alors une question complexe.

Ce n’est pas mon champ d’expertise, et il y a de professionnels spécialisés tels que des avocats en matière de protection de propriété intellectuelle que ce soit pour des inventions, des innovations techniques ou un dessin industriel.

Mais, je pourrais dire qu’il existe plusieurs façons de se protéger :

  1. Il faut bien se renseigner sur ses fournisseurs potentiels et idéalement avoir de bonnes références, notamment sur celui qui sera responsable de la production. Souvent, les fabricants ne sont intéressés qu’à leur métier, et les autres aspects de la commercialisation d’un produit ne les attirent pas. Offrir une entente de production pourrait être une façon de consolider la relation, et faire signer un contrat de confidentialité serait aussi une bonne mesure.
  2. Engager l’expert comme employé, en ayant un contrat qui dit que toute création ou tout développement appartient à l’employeur. Par exemple, si j’ai une idée pour créer une ligne de maquillage, mais je ne suis pas chimiste, je dois embaucher quelqu’un avec cette spécialité pour m’aider à concrétiser mon produit.
  3. Lorsque possible, ne pas dévoiler toute l’information. Quand plusieurs fabricants interviennent dans la chaîne de production, tu peux garder pour toi certains éléments qu’il n’est pas indispensable de faire connaître.

 

Pour revenir à l’exemple du sac à dos, si les différents éléments sont produits avec des fournisseurs variés : fermetures éclair, attaches, maroquinerie, ainsi que l’assemblage, je ne suis pas nécessairement obligée de partager toute l’information avec les fabricants, sauf peut-être avec l’assembleur. Mais cela me permet de garder un certain contrôle sur le savoir-faire (know-how) de mon produit.

Mais, à la longue, rien n’empêche que ces fournisseurs ou employés, voire un utilisateur ou une compagnie dans le même domaine d’activité, prennent le produit et fassent des améliorations. En fait, il existe ce qu’on appelle des « améliorations brevetées », ce qui est considéré comme une nouvelle version du produit existant.

Cela arrive souvent, même aux grandes marques. De là, l’importance du marketing et du positionnement de la marque — et du produit — dans son marché cible.

Est-ce que le processus de développement d’un service est le même que celui d’un produit tangible ?

À la base, on pourrait dire que cela se ressemble. De manière générale, pour créer un produit, on se centre sur la manufacture (matériaux, main d’œuvre, coûts de production, forme et design), tandis que pour créer un service on est axé sur les ressources humaines, l’expertise et/ou les connaissances.

Souvent, des services impliquent une manufacture à l’arrière, soit la modification (valeur ajoutée) sur quelque chose de concret (un moyen), par exemple, sur un logiciel dans le cas des services dans le secteur des technologies de l’information.

À ton avis, quelles sont les erreurs les plus fréquentes lors du développement d’un produit ?

Dans mon expérience, j’ai identifié deux faux pas qui sont récurrents :

  1. De croire que son idée est unique : il faut regarder autour et comprendre qu’on peut toujours améliorer des produits existants ou que quelqu’un d’autre pourrait être en train de développer une idée/produit semblable. Il y a des aspects importants à ne pas perdre de vue dans le cycle de vie d’un produit, en particulier l’utilisateur et le marketing, y compris la façon de communiquer mon produit à cet utilisateur-là.
  2. Sous-estimer l’utilisateur ou présumer que je connais sa façon d’agir ou de penser. Parfois, le concepteur se complique trop dans la manière de voir et de développer son produit, tandis que l’utilisateur a une approche simple, ou il peut nous surprendre et percevoir ou utiliser le produit d’une forme différente de ce à quoi on s’attendait.
Aurais-tu un conseil à donner aux lecteurs qui voudraient développer un produit ?

Ma suggestion serait de bien définir le besoin, c’est-à-dire de savoir exactement ce que je veux accomplir avec mon produit. Une fois que c’est clarifié, de considérer l’impact que cette innovation (nouveau produit ou amélioration d’un produit existant) aura sur l’environnement. Je ne parle pas seulement de l’aspect écologique, sinon culturel, socioéconomique, et j’en passe. Et aussi de considérer comment il va affecter la vie de l’utilisateur/consommateur et de son entourage.

Comme créateurs nous avons une responsabilité et il est essentiel de se questionner sur les implications éthiques de ce que nous créons.

Pour bénéficier de l’expérience de Ximena, n’hésitez pas à faire appel à son accompagnement, autant pour le design de vos produits que pour les autres éléments de leur mise en marché, leur prix de revient et une foule d’autres détails. Vous pouvez lui parler à conseillère@femonteregie.ca.

Avant de signer un bail commercial
GESTION D’ENTREPRISE

Le Bail Commercial : une affaire de taille

Souvent entouré de fausses croyances ou de confusions qui sont comprises parfois trop tard, le bail commercial est un élément stratégique qui peut être à la base de la croissance ou de la stagnation d’une compagnie. Un entrepreneur bien informé ne prendra jamais à la légère les décisions ni les actions qui mènent à la location d’un local commercial, puisque celui-ci devrait toujours correspondre, dans la mesure du possible, aux objectifs et aux besoins de l’entreprise.

En vue de notre séance Lunch & Learn sur le Bail Commercial demain, nous nous sommes entretenus avec Marie-Pier d’Auteuil, avocate et fondatrice de Les barniques juridiques, une entreprise offrant des formations accessibles et concrètes qui répondent aux besoins juridiques des entreprises québécoises.

Étant elle-même une entrepreneure spécialisée en droit des affaires à la tête de son propre cabinet d’avocats pendant des années, elle a décidé de convertir son expertise en vraie passion. Marie-Pier a passé de l’accompagnement des dirigeants des petites et moyennes entreprises au partage de ses connaissances à travers la formation des entrepreneurs.

Voici donc ses réponses à nos questions dont plusieurs seront approfondies et expliquées en détail aux entrepreneurs de la Montérégie pendant notre formation gratuite ce 30 novembre 2023 :

Qu’est-ce qu’un bail commercial depuis le point de vue légal ?

Un bail commercial, c’est un contrat de location pour un local commercial. C’est un contrat entre deux entreprises ou du moins entre le propriétaire et une entreprise.

Quelle est la loi qui régule les baux commerciaux au Québec ?

La loi de base commune à tous les baux commerciaux à travers la province, c’est le Code civil du Québec. Il y a néanmoins d’autres lois particulières qui peuvent venir s’appliquer selon le cas. Entre autres, une entreprise qui souhaite louer un local devrait se poser des questions par rapport au zonage. Là, ce sont les règlements municipaux, propres à la ville où la compagnie veut s’installer, qui vont être essentiels à garder en tête.

Pourquoi est-il important d’avoir un bail commercial ?

Malgré le fait que le bail commercial n’a pas à être écrit, c’est-à-dire qu’on peut conclure un bail verbalement, c’est mille fois mieux d’en avoir un parce que ça clarifie la relation. Ainsi, en cas de conflit, si l’on a des problèmes juridiques concernant la preuve, cela va être plus facile avec le bail écrit qui laisse une trace.

Et, à mon avis, cela démontre qu’il s’agit d’une transaction plus sérieuse : si je suis un entrepreneur qui souhaite louer un local et qu’on ne me présente pas d’écrit, soit un contrat en bonne et due forme, cela peut parfois démontrer un manque de professionnalisme de la part du locateur et nous aiguiller sur le type de relation qui s’en suivra. Même si la loi prévoit que cela peut être verbal et que, par conséquent, le propriétaire n’est pas en faute, avoir au minimum un contrat par écrit fait partie de bonnes pratiques.

Cependant, si après coup, on modifie des choses verbalement ou qu’on s’entend sur d’autres questions et qu’il n’y a pas de courriel ni des traces écrites ni de témoins ni de personne qui est au courant… c’est là que s’il advient un problème, c’est la parole d’un contre l’autre.

Quels seraient les aspects à vérifier avant de signer un bail ?

Les aspects les plus déterminants à examiner seraient…

      • L’identification du locateur ;
      • Les activités permises ;
      • Le prix ;
      • L’entretien, les réparations et les améliorations locatives ;
      • La durée ;
      • La responsabilité personnelle ;
      • Les façons de mettre fin au bail.
Est-ce que cela serait toujours pertinent de faire vérifier le bail commercial par son avocat avant de signer ?

Oui, absolument. Le bail gagnerait à être vérifié par un conseiller juridique, qui peut être un avocat ou un notaire puisque les deux ont l’expertise et le droit d’offrir des conseils juridiques. Cela peut être très bien l’un ou l’autre à ce stade-ci (avant la signature). L’important est de choisir un professionnel qui exerce dans le droit des affaires ou qui a des connaissances là-dedans et c’est sûr qu’avant de signer, c’est le meilleur moment.

Connais-tu des cas où la signature d’un bail commercial ou la location d’un local commercial a mal tourné ?

Oui, j’en ai plein ! Il y a par exemple le cas d’un professionnel qui a loué un local commercial par l’intermédiaire d’un courtier immobilier et qui l’a par la suite complètement rénové en investissant beaucoup d’argent pour l’aménager. Quelques mois plus tard, la ville l’a poursuivi parce qu’il n’avait pas le droit d’établir son bureau à cet endroit-là.

Cette personne ne se trouvait pas alors dans le bon zonage. Un aspect que l’entrepreneur devrait toujours vérifier vu que le propriétaire va souvent décharger la responsabilité sur le locataire (il pourrait rassurer le locataire en disant que c’est correct, même si ce n’est pas nécessairement le cas).

Ici, on avait également un courtier immobilier qui connaissait en principe comment cela fonctionnait, mais ça n’a pas fait une différence. Finalement, le locataire a dû se relocaliser… retrouver une autre place, refaire les rénovations et repartir à zéro. Beaucoup de temps et d’argent perdus en raison de quelque chose qui est vraiment de base.    

À part le zonage, y a-t-il d’autres règlements à considérer selon la ville où l’on veut s’implanter ?

Oui, cela dépend du secteur. J’ai eu, par exemple, un client qui dirigeait une compagnie de transport offrant un service d’entreposage à leurs clients, ainsi que le transport des matières dangereuses. Là, on tombe dans des lois très spécifiques à ces matières-là.

C’est du cas par cas, car le type d’opération, l’industrie et la ville exercent une influence sur les lois et les règlements à vérifier ou pas. Il faut aussi tenir compte des règles municipales, provinciales et fédérales.

Quelles sont les principales erreurs commises par des entrepreneurs lors de la signature d’un bail commercial ?
      • Surprenant, mais très courant : ils ne lisent pas ! On ne le dira pas assez : on ne signe pas un document qu’on comprend à moitié ou qu’on n’a pas lu. L’incompréhension de ce que les gens lisent est aussi avec fréquence à la source des erreurs.
      • Ils agissent en suivant de fausses croyances qu’on entend régulièrement, par exemple : « J’ai juste à donner un préavis de trois mois et je vais pouvoir mettre fin au bail commercial ». La majorité des clients que j’ai eus avaient cette croyance, des idées erronées dont l’origine est un manque de clarté par rapport au bail de logement (résidentiel). En réalité, le bail commercial est beaucoup plus souple, ce qui fait que le locataire soit moins bien protégé qu’en matière de logement. Puisqu’on considère que ce sont deux entreprises qui font affaire ensemble d’égal à égal, il y a beaucoup de liberté contractuelle entre eux.
      • Ils font trop confiance : lorsqu’un entrepreneur qui loue un local commercial par la première fois fait face à un propriétaire expérimenté qui maitrise l’immobilier et les lois, son manque de connaissances va souvent le mener à se laisser guider par le propriétaire, qui va faire fréquemment ce qui lui convient selon ses intérêts. Et c’est là qu’il devient pertinent d’être bien accompagné par un conseiller juridique qui va attirer ton attention vers les aspects qui devraient être négociés.

 

Prenons le cas de l’une de mes clientes qui avait une clause de résiliation qui disait qu’elle pouvait mettre fin au bail avec un avis de quelques mois, et le propriétaire aussi. Elle était contente de ça… et je lui ai demandé : « As-tu réalisé que tu vas investir des milliers de dollars dans ton local et que ton propriétaire peut t’envoyer un préavis de trois mois et te dire, là, c’est fini, tu t’en vas ? »

Y a-t-il des variables externes qu’on devrait vérifier avant de signer un bail ?

Oui, il y en a certainement plusieurs. Mais, dans le contexte actuel, il est important de mentionner qu’il y a beaucoup de fraudes, comme des gens qui vont afficher un local (souvent beau, bien situé et pas cher) sur des sites de petites annonces. Or, le local n’existe pas ou ils n’en sont pas les propriétaires. Ce sont des arnaques où l’on demande un dépôt pour les premiers mois de location ou même un paiement pour visiter et voir le local en raison de « la haute demande ». Ensuite, cette personne disparait et il est impossible de se faire rembourser.

Au minimum, il est important de vérifier si le local existe réellement et si la personne avec qui l’on traite est vraiment la personne autorisée. En faisant attention aux signes d’alarme qui s’accumulent et qui sont d’ailleurs très éloquents, on pourrait s’éviter des troubles : Quelqu’un qu’on ne rencontre jamais face à face, c’est super compliqué de l’appeler, c’est tout le temps lui qui vient vers moi et des annonces affichées seulement sur certains sites. Et malgré toutes les vérifications, à la fin de la journée, on peut se faire avoir quand même.

Est-il possible de mettre fin à un bail commercial avant sa date d’échéance ?

D’abord, il faut s’assurer que le locateur autorise la cession ou la sous-location du bail. Autrement dit, si en cours de chemin ça ne fait plus mon affaire, il faut garder la possibilité de transférer le bail à quelqu’un d’autre. Dans le bail commercial, ce n’est pas automatique comme dans le bail résidentiel. C’est même possible que ça soit interdit ou qu’il ait des conditions.

Il est aussi essentiel de s’assurer d’avoir des mécanismes de sortie comme une clause qui dit qu’on peut mettre fin à son bail avec un préavis de « X » temps.

En bref, en matière de bail commercial tout est négociable. C’est pourquoi il n’y a jamais un contrat de location pareil et qu’il peut en exister un d’une page et un autre de 70. Cela dépendra de différents facteurs : le type de propriétaires (si c’est des gros, ils vont être souvent plus rigoureux là-dessus), le secteur d’activité, etc. Et il ne faut pas nécessairement craindre les contrats longs. Certains sont bien faits et compréhensibles, tandis que de courts contrats peuvent s’avérer confus et mal faits.

Le bail commercial est en conclusion un élément à ne pas négliger

S’il est cohérent avec votre plan d’affaires, le bail commercial peut contribuer à l’atteinte des objectifs stratégiques de votre compagnie. À condition qu’on ne laisse rien au hasard quand il s’agit d’une location comportant, entre autres, une grande surface, des améliorations locatives, des travaux majeurs ou de la machinerie, soit des investissements coûteux ou des risques accrus.

Si on loue, en revanche, un bureau tout inclus (chauffé et éclairé) et l’on y travaille avec un ordinateur portatif par exemple, c’est beaucoup plus simple. Cependant, même si les enjeux sont moins importants, il est dans l’intérêt de l’entrepreneur de s’en informer adéquatement.

Formation Bail Commercial : Quoi savoir avant de s’engager

En plus des sujets mentionnés ci-dessus qui seront expliqués plus amplement, ne ratez pas les points suivants qui seront décortiqués par notre experte invitée Me Marie-Pier d’Auteuil lors de notre formation demain sur le bail commercial :

  • Les différences entre le bail commercial et le bail de logement ;
  • Les catégories de baux commerciaux : brut, net, double net, triple net ;
  • Le processus contractuel : étapes avant de conclure le contrat final et documents à signer
  • Distinction entre la lettre d’intention, l’offre ou la promesse de location, et le bail.

Nous vous invitons à vous inscrire ici si ce n’est pas déjà fait.

Entrepreneuriat inclusif
ENTREPRENEURIAT

L’entrepreneuriat inclusif : on ne peut plus s’en passer !

Dans un monde qui est, heureusement, de plus en plus sensible aux causes de l’égalité et de la responsabilité sociale, l’inclusion et la diversité sont à la base d’une société plus juste. Et l’entrepreneuriat inclusif en fait partie importante ! Au FEMontérégie, nous travaillons chaque jour pour offrir des opportunités égales à tous les citoyens de notre région désireux d’entreprendre, mais qui rencontrent des obstacles tout au long de leur parcours puisqu’ils se retrouvent en situation de vulnérabilité.

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat inclusif ?

Afin de mieux comprendre ce qu’est l’entrepreneuriat inclusif, prenons ses 4 attributs principaux, définis par Le Groupe des sept (G7), dont fait partie le Canada, lors de son sommet en 2021 :

  1. Engagement intentionnel de la base de la pyramide (BOP[1]), soit l’implication des populations à faible revenu ;
  2. Recherche de viabilité financière, c’est-à-dire que l’entreprise inclusive vise à être profitable et compétitive ;
  3. Développement de l’activité, dans le sens d’opportunités saisies par les entreprises inclusives ;
  4. Impact sur le BOP géré et mesuré afin de maximiser les résultats positifs et corriger les négatifs.

Notons aussi que l’entrepreneuriat inclusif est à ne pas confondre avec l’entrepreneuriat social : « le commerce inclusif mise sur un équilibre entre les objectifs sociaux et la rentabilité économique. Alors que l’entrepreneuriat social vise principalement le développement des biens et services à destination directe des populations à revenus faibles. Ainsi, même si l’entrepreneuriat inclusif cherche à promouvoir son modèle grâce à une approche philanthropique, cela reste du business. La rentabilité économique et le profit des entreprises demeurent les objectifs premiers[2] ».

L’entrepreneuriat inclusif correspond donc à un modèle actif où les communautés vulnérables ou marginalisées sont autonomisées pour que les individus qui en font partie deviennent créateurs de leur propre avenir.

Inclure qui dans l’entrepreneuriat ?

Puisque l’entrepreneuriat inclusif est né comme réponse aux inégalités, il n’est pas surprenant que :

        • Les immigrants ;
        • Les femmes ;
        • Les mères monoparentales ;
        • Les membres des minorités visibles ;
        • Les membres de la communauté LGBTQ+ ;
        • Les personnes handicapées ou en situation de handicap ; et même
        • Le neuroatypiques…

… en bénéficient. De ce fait, ils auraient davantage d’accès à des opportunités leur permettant de produire des revenus suffisants et à long terme.

L’entrepreneuriat devient ainsi une activité productive dont les conditions de travail peuvent être adaptées par l’entrepreneur selon ses préférences, ses différences ou ses particularités (horaires, style de travail, difficultés d’intégration, p. ex.), lesquelles ne seraient peut-être pas acceptées ailleurs (en tant qu’employé), même si la pénurie de main-d’œuvre a changé la donne et que de plus en plus des dirigeants sont prêts à s’accommoder aux besoins des travailleurs.

L’enjeu de l’inclusion au Québec

Province diverse et multiculturelle, le Québec n’est pas étranger aux enjeux de l’inclusion. Ce n’est pas en vain qu’elle soutient le réseau de l’entrepreneuriat inclusif dont font partie, par exemple, MicroEntreprendre — dont nous sommes fiers membres —, Evol ou Entreprendre Ici.

Conscient de l’importance des petites entreprises, constituant presque 98 % de l’économie provinciale, ainsi que du potentiel des communautés qui se trouvent sous-représentées dans le monde de l’entrepreneuriat, le gouvernement québécois investit des millions, par l’entremise d’Investissement Québec, afin de réduire les exclusions socioéconomiques et de donner des chances égales à tous et à toutes de réussir.

Des objectifs primordiaux que notre société est, néanmoins, loin d’atteindre : « Malgré les efforts des organisations, les seuils de représentation des minorités sont encore faibles aujourd’hui. [Par exemple], les femmes représentent 16 % des entrepreneures au Québec et les immigrants seulement 4 % », a affirmé Tania Saba, fondatrice de la chaire BMO en diversité et gouvernance à l’Université de Montréal, en mars 2022, lors de la conférence Entrepreneuriat inclusif et diversité, organisée par le Centre d’Entrepreneuriat de la même université.

Dans le contexte mondial, des initiatives comme Business for Inclusive Growth—B4IG —, créée en 2019 par le G7, continuent à contribuer à la promotion d’un modèle commercial inclusif et cohérent avec les valeurs de développement durable. Grâce à sa structure, B4IG met la responsabilité des pratiques inclusives dans les mains des gouvernements et des grandes entreprises s’étant taillé une place privilégiée dans le marché international.

Le Fonds d’Emprunt Montérégie : moteur de l’entrepreneuriat inclusif local

Au Québec, l’accès au financement est indéniablement l’un des barrières les plus courantes auxquelles font face les membres des groupes sous-représentés dans le monde de l’entrepreneuriat. Pour en être convaincus, on n’a qu’à revisiter les déclarations des panélistes de la conférence Entrepreneuriat inclusif et diversité, mentionnée précédemment :

Dans les mots de Fabrice Vil, fondateur de Pour 3 points et créateur du documentaire Briser le code, « l’accès au capital et au financement ainsi que l’accès à différents réseaux pour développer leurs projets sont des obstacles majeurs de la création d’entreprises. C’est un réel défi de soutenir des entrepreneurs issus de certains groupes, c’est le cas notamment de l’inclusion dans l’entrepreneuriat noir ».

Pour sa part, Tania Saba a dit que « Le financement est capital et reste difficile pour des minorités qui vont souvent puiser dans leur épargne personnelle pour démarrer leur projet. Le soutien et l’accompagnement ainsi que le renforcement des compétences est la suite nécessaire. […] En général, ils vont intégrer les incubateurs quand ils ont les fonds et que le projet est bien amorcé. Enfin, le réseau va aider à décrocher les premiers contrats. En définitive, ces entrepreneurs vivent des difficultés à chaque étape du processus ».

Et c’est dans cette foulée que les organismes de microcrédit entrepreneurial comme le nôtre, qui se trouvent répartis sur tout le territoire de la province, ont sa place. Nous épaulons ainsi les personnes exclues du système de crédit traditionnel, telles que les 50 ans et plus et celles issues de l’immigration. L’un des atouts les plus importants du soutien offert par ces organismes est qu’il ne vient pas seulement sous forme d’aide financière, il est aussi apporté sous forme d’accompagnement de proximité, de formations et d’appartenance à un réseau, ce qui facilite aux entrepreneurs de sortir de l’isolement.

L’avenir de l’entrepreneuriat inclusif

La construction d’un tissu entrepreneurial inclusif et équitable est ainsi un enjeu complexe aux variables multiples qui mérite d’être réfléchi. Finissons donc avec une pensée sur laquelle il vaut la peine de s’y attarder, tirée de la conférence Entrepreneuriat inclusif et diversité :

« Les solutions pour favoriser l’accès à l’entrepreneuriat devraient être simples. Le fait de reconnaître que des biais sont inclus dans les systèmes est nécessaire. Ils doivent évoluer pour répondre aux besoins des entreprises. De nombreux soutiens sont offerts aux entrepreneurs aujourd’hui, ils ne savent pas toujours où donner de la tête, rapprocher les éléments de l’écosystème va permettre un cheminement plus aisé. »

[1] Selon la théorie de Stuart Hart dans « The fortune at the bottom of the pyramid » et cité par carenews.com dans son article « L’entrepreneuriat inclusif, qu’est-ce que c’est ? », publié le 10 mars 2022 et consulté en octobre 2023.

[2] https://www.carenews.com/tpsf-travaux-publics-sans-frontieres/news/l-entrepreneuriat-inclusif-qu-est-ce-que-c-est, consulté en octobre 2023.

 

Intelligence artificielle dans la PME
ENTREPRENEURIAT

L’intelligence artificielle, alliée de votre petite entreprise ?

L’intelligence artificielle, vedette, depuis plusieurs décennies, des films de science-fiction, est désormais une réalité tangible capable d’éveiller la curiosité, ainsi que de susciter de l’inquiétude ! Seulement au printemps dernier, un groupe d’experts du secteur de l’IA, dont Elon Musk et Yoshua Bengio, a demandé à travers une lettre ouverte une pause de six mois dans le développement des systèmes d’IA avancés (plus puissants que GPT-4). Le but étant de se donner un répit afin d’établir des protocoles communs de sécurité pour assurer que leurs effets sont positifs et leurs risques gérables.

Face à un outil qui s’intègre quasi « naturellement » dans la vie quotidienne des individus et des familles, et que 83 % de 3 000 entrepreneurs consultés en 2017[1] considéraient déjà comme un facteur « qui leur permettrait d’obtenir ou de conserver un avantage concurrentiel », notre organisme, le FEMontérégie, a décidé de s’interroger sur l’intelligence artificielle et sa pertinence aujourd’hui dans la croissance des petites entreprises.

Qu’est-ce que c’est l’IA ?

L’intelligence artificielle (IA) est un domaine de l’informatique qui développe des programmes et des systèmes imitant certaines des capacités cognitives et intellectuelles des êtres humains, telles que la résolution de problèmes, l’apprentissage, la prise de décisions et la compréhension du langage naturel.

Quels sont les types d’IA ?

Il existe 3 principaux types d’IA, caractérisés, surtout, par leur capacité à reproduire les traits particuliers de l’intelligence humaine et la technologie utilisée pour y parvenir :

1. Intelligence artificielle étroite (ANI)

Aussi connue comme IA faible ou IA étroite, l’ANI est conçue pour exécuter une tâche spécifique et limitée au-delà de laquelle la compréhension est absente. Elle se spécialise alors dans une gamme étroite de paramètres ou de situations, par exemple :

        • Chatbots;
        • Des assistants virtuels comme Siri d’Apple ou Alexa d’Amazon ;
        • Les algorithmes d’analyse de données comme ceux utilisés par Google Search ;
        • Suggestions de contenu de divertissement basées sur le comportement de l’utilisateur ;
        • Voitures à conduite autonome.
2. L’intelligence artificielle générale (AGI)

Appelée également IA forte ou IA profonde, l’AGI se situerait à la hauteur des capacités humaines. Elle serait donc en mesure d’apprendre, de comprendre et de résoudre des problèmes de nature humaine de la même façon qu’une personne le ferait sur la base des connaissances générales.

Selon un article publié par L’actualité informatique, « les chercheurs et les scientifiques spécialisés dans l’IA n’ont pas encore atteint une IA forte. Pour y parvenir, ils devraient trouver un moyen de rendre les machines conscientes, en programmant un ensemble complet de capacités cognitives. […] L’IA [profonde] ne consiste pas à reproduire ou à simuler, mais à entrainer les machines à comprendre réellement les humains ».

Néanmoins, le fondateur et directeur scientifique du Mila — Institut québécois d’intelligence artificielle Yoshua Bengio considère qu’un délai aussi proche que 5 ans pourrait être suffisant « pour qu’un ordinateur atteigne le niveau de conscience d’un humain », expliquait-il dans son discours devant la sous-commission du Sénat américain sur la vie privée, la technologie et le droit en avril dernier[2].

3. La superintelligence artificielle(ASI)

Caractérisée par le surpassement de l’intelligence humaine, l’ASI n’est, heureusement, pas encore développée. C’est ce type d’IA qui a inspiré des scénarios à la base de films à succès comme 2001 : L’Odyssée de l’espace, Terminator et The Matrix, ou les plus récents Her et Ex Machina. Dans ces récits, les machines, au début si utiles, deviennent conscientes d’elles-mêmes et attaquent par la suite les hommes (créateurs ou utilisateurs) afin de « survivre » ou de dominer.

Bénéfices et utilisations de l’IA dans les petites entreprises

Tirer parti de l’intelligence artificielle (étroite) est, dorénavant, une question de compétitivité qui permet aux compagnies d’améliorer leur efficacité opérationnelle, d’optimiser les interactions avec leurs clients et de prendre des décisions plus éclairées. Voici quelques exemples illustrant comment l’IA pourrait être utilisée dans votre entreprise, quelle que soit sa taille :

      • Service client amélioré : les chatbots et les assistants virtuels alimentés par l’IA peuvent fournir un support client 24/7, répondre aux questions fréquentes et résoudre des problèmes courants. Les petites entreprises sont ainsi en mesure d’offrir un service client de qualité sans avoir pour autant une équipe dédiée.
      • Marketing ciblé : les petites entreprises peuvent utiliser l’IA pour analyser les données des clients et déceler les tendances et les préférences, ce qui favorise la création de campagnes marketing plus efficaces où les bons publics sont ciblés.
      • Automatisation des tâches administratives : des tâches de nature administrative comme la gestion des factures, la planification des rendez-vous et la gestion de l’approvisionnement peuvent être automatisées à l’aide de l’IA, ce qui permet aux dirigeants de se concentrer sur des tâches plus stratégiques.
      • Analyse des données : l’IA analyse de grandes quantités de données et en extrait des informations qui s’avèrent utiles pour prendre des décisions éclairées, que ce soit pour la personnalisation de l’expérience client (p. ex. : recommandations de produits ciblées en fonction des préférences), l’optimisation des stocks, la prévision des ventes ou le développement de produits.
      • Optimisation des opérations : optimiser les opérations commerciales, comme la gestion de la chaîne d’approvisionnement, la planification de la production et la logistique, serait possible grâce aux algorithmes d’IA.
      • Prévision de la demande : les entrepreneurs peuvent se servir de l’IA pour prévoir la demande de leurs produits ou services, ce qui aiderait à mieux gérer les niveaux de stock en évitant les pénuries ou les excédents.
      • Gestion des finances : certains outils d’IA aident à suivre les flux de trésorerie, à administrer les budgets et à remarquer les tendances financières, ce qui peut être déterminant pour maintenir la stabilité financière de la compagnie.

Malgré ses utilités multiples, l’adoption de l’IA nécessite une planification minutieuse et une compréhension des défis potentiels. Les petites entreprises doivent ainsi évaluer attentivement comment l’intelligence artificielle peut répondre à leurs besoins spécifiques, tout en intégrant ces technologies de manière réussie et progressive dans leur modèle d’affaires.

Défis et risques de l’IA pour les petites entreprises

Moteur de transformation dans le monde des affaires, l’intelligence artificielle entraine des défis et des risques inhérents, particulièrement pour les petites entreprises ou les très petites entreprises qui ne comptent peut-être pas avec les ressources nécessaires pour y faire face. En voici quelques-uns :

      • Coûts initiaux et investissement : l’intégration de l’IA nécessite souvent des investissements considérables en matière de ressources financières et humaines. Les petites entreprises pourraient être confrontées à des coûts élevés concernant l’acquisition de technologies, la formation du personnel et la gestion continue de ces systèmes.
      • Dépendance technologique : l’adoption de l’IA pourrait rendre les petites entreprises dépendantes de technologies complexes et en constante évolution. Elles pourraient rencontrer des problèmes opérationnels majeurs si elles ne parviennent pas à maintenir ou à mettre à jour ces systèmes.
      • Menaces pour la confidentialité des données : l’IA est bâtie sur l’analyse d’une quantité immense de données, ce qui pourrait poser des problèmes de confidentialité si des données sensibles des clients ou de l’entreprise sont compromises. Ayant probablement des ressources limitées pour mettre en place des mesures de sécurité adéquates, les petites entreprises seraient à risque.
      • Biais et éthique : les systèmes d’IA peuvent être biaisés en fonction des données sur lesquelles ils ont été entrainés. Des décisions discriminatoires ou des résultats inappropriés pourraient ainsi en découler. Il se peut que les petites entreprises manquent des ressources pour identifier et corriger ces biais.
      • Perte d’emplois : l’automatisation des tâches grâce à l’IA pourrait entrainer l’abolition ou la réduction de certains postes de travail, ce qui aurait un impact sur les employés existants. Les petites entreprises pourraient rencontrer des défis en termes de communication, de réaffectation du personnel, et, en conséquence, de la fidélisation du client interne.
      • Erreurs : malgré les avantages de l’IA et sa capacité à automatiser des tâches, elle n’est pas à l’abri d’erreurs. Les petites entreprises pourraient faire face à des ennuis juridiques et de responsabilité en cas de défaillance ou de dysfonctionnements de l’IA.
      • Manque de personnalisation : les solutions d’IA standardisées pourraient ne pas répondre aux besoins spécifiques des petites entreprises et de leur clientèle, ce qui affecterait, d’ailleurs, la relation client et vraisemblablement l’image de la compagnie.
Notre petit test ChatGPT

Nous avons demandé à ChatGPT de lire notre article et de nous faire une conclusion de 2 lignes, en voici le résultat :

« En somme, cet article met en évidence les avantages et défis de l’IA pour les petites entreprises. Il est à noter qu’une IA a contribué à sa révision, reflétant ainsi l’impact actuel de cette technologie. »

Notre conclusion… rédigée par des humains

Il est important de noter que l’IA ne remplace pas l’aspect humain dans la prestation d’un service ou dans la fabrication d’un produit. Bien que l’intelligence artificielle puisse réaliser une partie des tâches et accélérer divers processus, elle manque du discernement, de la sensibilité, de la créativité et de l’authenticité que seuls les humains peuvent apporter.

Et même si l’IA a été créé pour nous aider à avancer, nous avons tous (l’Humanité !) la responsabilité d’être des utilisateurs avertis et de surveiller son développement, puisque dans les mots de Yoshua Bengio l’adoption précipitée de l’IA profonde engendrerait des « menaces potentiellement importantes qui pèsent sur la démocratie, la sécurité nationale et notre avenir collectif[3] ».

Suivre de formations d’appoint pour mieux comprendre ce qu’implique l’adoption de l’IA serait une façon, à la portée de tous, de contrer ses risques et de profiter responsablement de ses atouts. Nous avons trouvé, par exemple, les formations gratuites offertes par la plateforme en ligne Uluumy, qui a pour but de rendre l’IA accessible à tous, particulièrement aux entreprises et aux OBNL. On y voit, par exemple, les cours : « Les bases de l’apprentissage automatique » et « Éthique, biais et responsabilité de l’apprentissage automatique et de l’IA ». Ou encore la formation payante d’une durée de 3 h « ChatGPT et Intelligence artificielle », proposée par La Fusée et qui aura lieu à Montréal le 31 août prochain.

Maintenant, à vous d’agir !

[1] Sondage réalisé par MIT Sloan Management Review et The Boston Consulting Group : https://sloanreview.mit.edu/projects/reshaping-business-with-artificial-intelligence/, consulté en août 2023.

[2] https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2023-07-25/selon-yoshua-bengio/des-ordinateurs-aussi-intelligents-que-des-humains-d-ici-20-ans.php, consulté en août 2023.  

[3] Ibid.

José et Cruzelith
VIE D’ENTREPRENEUR

En couple et en affaires : Pâtisserie & Boulangerie Cake Bakery Bro

Dans le monde de l’entrepreneuriat, il y a ceux qui sont des partenaires autant dans leur vie personnelle que dans leur vie professionnelle, soit des entrepreneurs qui font face au double défi de faire grandir leur compagnie et leur couple. Pour continuer avec ce sujet, nous nous sommes entretenus avec deux de nos entrepreneurs du Fonds d’Emprunt Montérégie. Ils illustrent la tendance en hausse des couples en affaires, qui se voit reflétée dans notre clientèle.

Rafael & Cruzelith: douceurs et soutien

José Rafel Sivira et Cruzelith Correa ont entrepris, en pleine pandémie, l’aventure de la création de leur compagnie. En couple depuis de nombreuses années, ils n’ont peur de rien lorsqu’ils sont ensemble ! Pour eux, il n’y a pas un meilleur moteur pour avancer que le soutien mutuel qu’ils s’apportent.

Originaires du Vénézuéla, ils exerçaient comme dentistes dans leur propre cabinet professionnel avant d’immigrer au Québec. Dans leur terre d’accueil, ils ont décidé de suivre la passion de Rafael, qui possédait déjà des études comme chef boulanger-pâtissier, en cofondant Cake Bakery Bro, située à Saint-Hubert.

Le couple a choisi ainsi de croire à ce nouveau projet, et d’y mettre à profit leur compatibilité pour travailler ensemble. Cruzelith a appris les rouages du métier de boulanger à côté de son mari et de son beau-frère, qui s’est joint à l’équipe rapidement, et aujourd’hui, elle agit comme cheffe de production au sein de l’entreprise familiale. À son rôle de créateur des délices à saveur latino-américaine, Rafael ajoute certaines tâches liées à la gestion et au marketing.

Une cuisine authentique, une clientèle diversifiée

Bâtonnets au fromage avec goyave, empanadas (au bœuf, au poulet ou au fromage et au jambon), gâteau 3 leches (laits)… ces produits faits avec des ingrédients québécois de qualité et avec une saveur 100 % latino ont su conquérir une clientèle diversifiée.

En plus des Latino-Américains, ce sont les communautés arabe, chinoise, haïtienne et, bien sûr, québécoise qui se sont laissé séduire par l’authenticité de la cuisine vénézuélienne et par les créations adaptées aux goûts d’ici, telles que les « tequeños » au chocolat ou les Teque-Poutine. Pour ce couple, la meilleure récompense est de voir l’expression des gens lorsqu’ils découvrent avec satisfaction les délices de leur terre natale et de les entendre dire « c’est vraiment bon ! ».

Présents dans plusieurs épiceries de Montréal et de la Rive-Sud, ils ont récemment lancé une gamme de produits congelés afin de permettre aux consommateurs de se délecter avec leurs créations artisanales de boulangerie dans le confort de leur maison.

Quand la difficulté est synonyme d’union

Malgré les défis propres à l’entrepreneuriat, Rafael et Cruzelith ont trouvé rassurante l’idée de prendre ce risque à deux, peu importe si cela signifiait de mettre tous les œufs dans le même panier. Le travail très actif du matin au soir et de lundi au samedi, caractéristique du domaine agroalimentaire, a eu certainement un impact dans la vie familiale. Pour le couple « réussir à avoir des horaires clairs a été le plus difficile », mais conscients de l’importance d’être là pour leur fille de 10 ans, ils s’obligent sans cesse à se fixer des limites pour que la vie professionnelle n’emporte pas la vie familiale.

Pour prendre soin de leur vie de couple, les dirigeants de Cake Bakery Bro ont organisé leurs horaires de sorte qu’ils puissent avoir, au moins une fois par semaine, un petit répit l’un de l’autre, question de laisser l’air entrer et d’avoir ensuite envie de revoir leur douce moitié.

Nous le savons tous, amour et complicité ne sont pas toujours suffisants. C’est pourquoi Rafael et Cruzelith y rajoutent la poursuite des objectifs communs, le bonheur de partager et l’humour pour alléger les nombreux défis du quotidien. Une recette qui a fait heureusement ses preuves pendant les périodes difficiles d’où ils sont sortis plus unis et fortifiés.

Sophia et Marc David N&C1
VIE D’ENTREPRENEUR

En couple et en affaires : Pâtisserie Noisette & Chocolat

Des amoureux et des partenaires d’affaires… Voilà le double rôle que de plus en plus de couples choisissent de jouer. Pour certains, il serait cependant inconcevable de passer toute la journée à travailler à côté de sa douce moitié, car ce temps « en trop » risquerait de l’aigrir. Mais pour ceux qui se décident à faire ce saut à deux, malgré les défis du quotidien qui mettent à l’épreuve la solidité de leur relation, les récompenses sont nombreuses.

Au FEMontérégie, nous soutenons de près plusieurs duos d’entrepreneurs : ils bénéficient non seulement du microcrédit entrepreneurial et d’aide financière supplémentaire, mais aussi des conseils opportuns de la part de nos conseillers. Nous avons discuté avec Sophia Najem & Marc-David Jean de la pâtisserie Noisette & Chocolat sur leur vécu en tant que couple en affaires.

Une complémentarité gagnante

Marchant déjà main dans la main au début de la vingtaine et aujourd’hui parents d’une nouveau-née, Sophia et Marc-David sont toujours aussi amoureux l’un de l’autre. La confiance mutuelle et la connaissance profonde des défauts et des qualités de chacun les ont convaincus de construire leur compagnie ensemble. C’est ainsi que Noisette & Chocolat, reconnue par ses délicieux cupcakes et ses superbes gâteaux personnalisés, a ouvert ses portes en novembre 2021 à Longueuil.

La passion de Sophia pour la pâtisserie et l’esprit entrepreneurial de Marc-David sont à la base de ce partenariat dont le but est clair, « que le client soit content ! ». Ils investissent donc leurs acquis : elle, en tant que cheffe pâtissière, sa formation professionnelle en pâtisserie et une dizaine d’années d’expérience dans le domaine de la restauration, notamment comme décoratrice de gâteaux, superviseure et gérante ; lui, ses études en entrepreneuriat, sa polyvalence, et sa capacité à apprendre rapidement et à innover.

C’est Sophia, d’ailleurs, qui lui a appris le métier : « Pour moi, c’est un avantage de venir de deux milieux différents. Les idées de Marc me font réfléchir sur de nouvelles façons de créer et de développer des produits classiques », ajoute Sophia qui réussit, avec fréquence, à épater ses clients.

Réussir ensemble ou échouer ensemble

L’entraide, les objectifs communs, et, surtout, la capacité à s’adapter rapidement, voilà les clés du succès pour ce jeune couple dont la vie a complètement changé : « Quand on travaillait pour quelqu’un d’autre, on avait une vie, par exemple, vendredi après 17 h. L’entrepreneuriat n’est pas du tout la même chose, c’est notre propre business… il y a des gens qui attendent après toi, de l’argent et du temps investis. À la fin, tous les efforts sont pour Nous, pas pour elle ou pour moi individuellement, mais pour qu’on soit bien comme famille », commente Marc-David.

Et tous ces efforts ont des conséquences tangibles sur la vie de couple, « on a moins de temps ensemble, même si l’on se voit tout le temps. Nous cherchons l’équilibre, mais la balance, elle pèse souvent dans un bord… C’est un travail constant ».

Pour les cofondateurs de Noisette & Chocolat, la force de travailler en couple vient aussi d’une communication directe et honnête ; une ouverture qui permet d’éviter des blocages et de trouver de solutions de façon efficace.

Malgré les défis et les longues journées, ces partenaires de vie n’ont jamais regretté leur décision de se lancer en affaires à deux. Tout le contraire, compter sur leur douce moitié qui prend la relève lorsque l’autre est affaiblie est source de motivation et de persévérance.

Et les résultats, ils sont aussi tangibles… Vous n’avez qu’à visiter leur boutique. Prenez un moment pour vous assoir sur la terrasse, siroter un café et vous sucrer le bec !  

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